NKURUNZIZA partira et la bataille de succession s’annonce

NKURUNZIZA, PARTIRA OU PARTIRA PAS ?

43192191961_f467e87834_k(Burundi news, le 12/07/2018) Il y a des pays qui sont synonymes de rebondissements. Le Burundi en fait partie. Ce qui n’est pas sûr, c’est que ces rebondissements vont engendrer une évolution positive ou négative.  Les rebondissements appellent le retour. Burundi News est convaincu qu’une nouvelle ère commence. L’an – 2. Burundi News ne pourra pas rater un accompagnement. Les sollicitations sont nombreuses pour comprendre ce qui se passe au Burundi, pour anticiper. Des alliances, pourquoi pas. Des trahisons aussi. Les amis d’aujourd’hui devenant des ennemis jurés de demain. L’appétit est un facteur non négligeable. L’erreur, la tromperie sur la marchandise politique, le dol en quelque sorte deviennent des circonstances atténuantes.

La bombe de Nkurunziza, son départ annoncée

Il a pris tout le monde de court. Nkurunziza a lancé une vraie bombe politique en annonçant son dernier mandat. La bombe a détonné dans son camp. Un tremblement de terre. Ce fut un tsunami politique. La bombe n’a pas réveillé les opposants regroupés au sein du CNARED. Silence, ils dorment !

Dans le camp de Nkurunziza, il fallait temporiser, bien savoir si c’est un piège auquel cas il fallait l’éviter. Si c’est sincère, une douche froide. Certains généraux ont commencé à compter d’abord les ennemis avant les amis. Les anniversaires, les diplômes des enfants, les champagnes sans motif, tout est bon pour compter ses amis, mobiliser, glisser un mot qui va tomber dans la bonne oreille.

Au sein du CNDD-FDD, deux camps se dessinent et commencent à s’affronter sous l’œil amusé de Nkurunziza. Qui emportera la mise? Le ticket gagnant est un trio : L’argent, les armes et le verbe. Sans l’argent, rien ne sert de gaspiller ses énergies car le chemin est long. Aucun ravitaillement n’est prévu en cours de route. Les armes, il en faut car c’est une période de transition, une transition armée. Même avec l’argent, il faudra assez de munitions et d’armes car au CNDD-FDD, entre amis, les négociations se feront d’abord au bout des canons pour se mesurer. Bunyoni doit se rappeler de son entrée forcée au FDD par une attaque dans son fief de Kabezi par un certain Adolphe Nshimirimana.  La tactique ne changera pas. Difficile de savoir si le perdant de ces années 1995-1996 le sera en 2019. Le verbe, oui le verbe. Après l’argent et les armes, le gagnant devra savoir parler, séduire. Il devra appliquer la politique de désescalade.

Quelle mouche a piqué Nkurunziza pour annoncer son départ en 2020 ?

Un ami mauritanien me disait que probablement Nkurunziza était honnête avec le 3 è mandat quand il a entendu l’annonce de son départ après les 3 è mandat.  Ses propos ne tenaient pas compte d’autres enjeux.

Plusieurs éléments ont précipité l’annonce de son départ. Nous comptons les partager.  La première raison et non des moindre est sa santé physique. Il a une jambe qui est très malade et qui le ronge. Beaucoup de Présidents restent Présidents même avec une mauvaise santé. Bouteflika de l’Algérie en est l’exemple. La santé seule n’aurait pas été un élément déterminant pour quitter le pouvoir.

Les amis Présidents  de Nkurunziza ont quitté le pouvoir et d’autres ont changé d’alliances. Les « trahisons diplomatiques » ont été ressenties comme un coup de massue. Ceci explique aussi le limogeage du ministre des affaires étrangères qui avait promis à Nkurunziza monts et merveilles au sein de la communauté internationale.

L’ancien Président Zuma n’a pas résisté à la pression interne de l’ANC. Il a cédé la place à son ennemi Cyril Ramaphosa, ami du Président rwandais Kagamé. Le nouveau Président Sud- Africain est devenu l’ami de celui considéré par Nkurunziza comme son meilleur ennemi en la personne de Kagame. Pour couronner tout, le nouveau Président Ramaphosa a réservé sa première visite au Rwanda où il a vanté les mérites du Président Rwandais. Un allié de taille perdu.

Le malheur ne vient jamais seul. Le Président angolais Dos Santos a quitté le pouvoir en le laissant à son dauphin ministre de la défense Lourenco. Le nouveau Président s’est attaqué aux intérêts des Santos. Il a établi de bonnes relations avec le Président Rwandais qui n’était plus en odeur de sainteté avec l’ancien Président Dos Santos. Dos Santos était prêt à intervenir du côté burundais si le Rwanda se battait contre le Burundi.

Nkurunziza ne pouvait plus compter sur les Tanzaniens. Jamais la Tanzanie ne peut s’engager sans l’aval de l’Afrique du Sud et de l’Angola, les poids lourds de la SADC. Les Tanzaniens ont enfoncé le couteau dans le dos de Nkurunziza en torpillant le sommet de la COMESA qui devait se tenir au Burundi à Bujumbura et non à Rusaka en province Mwaro comme le disaient certains Burundais.

The last not the least, l’amélioration des relations entre le Rwanda et la France ont enfoncé le clou de la déception de Nkurunziza. La France présidée par Macron avait fait un pari de l’amitié avec le Rwanda surtout au début de la présidence de l’Union africaine par le Président Kagame. La France avait soutenu à mots couverts le pouvoir de Nkurunziza tant qu’elle n’avait pas trouvé un opposant, plus opposé à Kagame qu’à Nkurunziza qui pouvait accéder au pouvoir burundais. En proposant la direction de la Francophonie à la ministre des affaires étrangères rwandaises Louise Mushikiwabo, la France a marqué un grand coup. Aujourd’hui, les relations sont à la collaboration. Nkurunziza est le grand perdant. La France ne souhaite plus la chute de Kagame mais plutôt en faire un allié.

La Russie est aussi un champion du realpolitik. Elle a lâché Nkurunziza au profit du Président Kagame. Le ministre des affaires étrangères Lavrov a effectué une visite officielle au Rwanda où il a été question d’un armement très moderne et de l’énergie électrique du futur. Avec les deux éléments, le Rwanda pourra se hisser au premier plan pour sa sécurité énergétique et géographique. Le Président Kagame a effectué dans la foulée une visite de travail en Russie juste au début du mondial 2018.

Tous ces éléments découragent Nkurunziza et il ne dispose plus d’alliés pour résister au vent du changement. C’est ainsi qu’il a choisi de devancer le cours de l’histoire de sa façon en se trompant de méthode, d’actualisation et de stratégie.

La bataille ne fait que commencer

Les armes sont bien au frais. Vont-ils déterrer celles laissées en réserve lors de l’entrée au Burundi? La bataille sera plus régionale qu’autre. Il y a eu toujours une rivalité entre la région Imbo et Kirimiro au sein du CNDD-FDD avec les poids lourds comme Bunyoni et Adolphe Nshimirimana. A la mort d’Adolphe, le Kirimiro est resté orphelin. Il faudra attendre le sacre d’Evariste Ndayishimiye à la tête du CNDD-FDD. Evariste a marqué un premier point, je dirai qu’il a gagné une bataille contre Bunyoni et l’Imbo. Il a gagné la bataille et non la guerre. Elle s’annonce longue avec des coups bas. Evariste dispose de son appareil du parti CNDD-FDD. Il peut compter ses alliés militaires en tête avec le chef d’Etat Major Prime et dans une moindre mesure le patron de la Documentation. Bunyoni aligne dans son régiment le fameux Ndakugarika, la police et aussi le pouvoir d’argent qui est la sixième compagnie.

L’arbitre Nkurunziza ne siffle ni les hors jeux, ni les tacles. Il ne semble pas suivre le match. Il donnera un coup de main à l’un ou l’autre en fonction de sa faiblesse. Il fera en sorte que le match dure le plus longtemps possible. Par ailleurs, ça lui plairait que les deux combattants s’essoufflent ou se massacrent pour sortir son troisième homme ou femme.

Le joueur Bunyoni peut se révéler en vrai stratège et sortir une violence sans précédent pour rattraper son retard. Il devra sa survie à Nkurunziza. S’il perd son poste de ministre pour devenir conseiller à la présidence, il verra ses combattants déserter le champs de bataille pour se ranger du côté du probable vainqueur le roi Ndayishimiye I qui sera intronisé par Nkurunziza et rapidement guillotiné par la même force qui l’aura installé. Dur réalité.

Le seul salut du roi Ndayishimiye est de se lancer dans une course de 100 m pour négocier un accord de paix avec les opposants et  les pays voisins. Un gouvernement de transition pourrait le sauver et négocier une place. Il pourrait être l’homme qui a ramené la paix au Burundi.

A suivre.  

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