Un fragile mental au pouvoir par complicité de l’Uprona et du Frodebu

Pierre NkurunzizaLes saintes écritures disent : « Rien ne restera caché, …».  Tout finit par se savoir d’une façon ou d’une autre. Beaucoup de gens ne se lancent pas en politique pour défendre les intérêts d’un peuple. Orateurs sous le nom de « politiciens » ont transformé la politique en raccourci pour devenir millionnaires sans fournir aucun effort. Plus on s’y plonge, plus l’appétit de s’enrichir malhonnêtement se développe jusqu’à perdre tout le sens de l’humain. Le Burundi se trouve au premier rang des pays souffrant de ce fléau. Ceux qui caressent l’ogre dans l’espoir qu’elle lâchera sa proie ou leur cédera une partie perdent leur temps. Nkurunziza n’est pas à convaincre par la chanson « négociations inclusives».

Le seul moyen de le faire partir est la force des armes. Il doit son poste aux partis Frodebu et *uprona* (*uprona* : aile de l’Uprona créée par Buyoya à son retour au pouvoir). A la sortie du maquis de Nkurunziza et les siens, les «politiquement ignorants» croyaient que le Burundi allait connaître une période de stabilité politique. Douche froide pour le peuple burundais! Les pratiquants de la prostitution politique et alliés étaient prêts à exploiter le malheur et prolonger l’agonie d’un peuple meurtri par une décennie de guerre génocidaire. Voulant atteindre leurs objectifs par tous les moyens, ils accompagnaient Nkurunziza lors de ses déplacements et l’aidaient  à asseoir la panique.

La campagne du cndd-fdd de 2005 avait pour projet l’intimidation verbale qui changeait selon les localités. Je cite : « mutadutoye, na turya duka dusigaye tuzotumarira mwongere gusubira kurara mu myonga ».  Ce qui se traduit : « si vous ne votez pas pour le cndd-fdd, nous vous prendrons le peu de vaches qui vous reste et vous allez repasser les nuits dans des buissons».

Avant 2005, Nkurunziza était déjà sous la protection des partis Frodebu et *uprona*. C’est par complicité de ces deux partis qu’il a accédé à la magistrature suprême. Fait pas inédit en Afrique en général et au Burundi en particulier où assassins et voleurs s’amnistient pour se succéder. A l’état actuel des choses, ces infatigables profiteurs du chaos et leurs adeptes font croire au peuple burundais que son salut viendra d’Arusha II. Quand et où les problèmes ont-ils été résolus par ceux-là mêmes qui les ont créés ? Miracle burundais!

Comment le Frodebu et l’*uprona*  ont-ils précipité le pays sur une pente?

L’accord d’Arusha d’août 2000 contient tout sauf la paix durable pour le Burundi. Le retour de Buyoya au pouvoir en 1996 aura des effets politiquement dévastateurs. Il revient avec une politique de «diviser pour régner».  Buyoya commence par diviser le parti Uprona. La formation politique du Prince Louis Rwagasore va connaître une hémorragie artérielle. L’Uprona sera vidé lentement et discrètement d’hommes et femmes qui avaient  les idéaux de son fondateur.  Les fidèles à Buyoya seront récompensés en occupant des postes très importants pour leur soumission. Les intellectuels sur papier vont se réduire en simples exécutants des ordres du chef.

La présidence de ce parti qui n’en était plus un va être confiée à Luc Rukingama au détriment de Charles Mukasi destitué dans des conditions obscures. Mukasi et autres insoumis seront mis ou vont se tenir à l’écart de Buyoya et des siens. Le 30/04/2003, Pierre Buyoya – candidat malheureux de l’Uprona aux présidentielles de 1993 – finit la première période du gouvernement de transition et passe le témoin à Domitien Ndayizeye. C’est le début de la 2ème période de transition convenue à Arusha. Le gouvernement est organisé de telle sorte qu’un président soit hutu pour représenter la majorité et un premier vice-président tutsi pour représenter la minorité. Cette 2ème période de transition permettra au pire, cndd-fdd, de s’enraciner au Burundi. Pour pouvoir fortifier le cndd-fdd, il fallait des gens du Frodebu et de l’*uprona* prêts à manger à toutes les sauces.

L’*uprona* et le Frodebu vont mener le Burundi, à petits pas, jusque dans les bras du destructeur: le cndd-fdd. Le pouvoir du Président Ndayizeye Domitien, investi le 30/04/2003,  va connaître de nouveaux visages en politique issus de la rébellion cndd-fdd. Une rébellion qui a passé plus de 10 ans dans le maquis sans pouvoir conquérir ne fusse qu’une superficie d’un terrain de volley-ball. Rébellion par excellence dans des massacres de déplacés de guerre dans leurs camps, des élèves dans leur dortoir, de passagers dans des bus sur les routes, etc. Le cas le plus intéressant sous la présidence de Ndayizeye Domitien est le ministère de la bonne gouvernance. Un ministère exceptionnel avec à sa tête un homme anormal : Nkurunziza Pierre. Ce dernier sera, quelques jours après sa nomination, un sujet de moqueries dans les cabarets huppés de Bujumbura pour sa fragilité mentale.

Politique de « mange et tai-toi !» ou « après moi le déluge » ?

Le Président Ndayizeye, ses deux premiers vice-présidents qui se sont succédé : Kadege et Ngenzebuhoro ainsi que leurs collaborateurs seront fiers d’eux-mêmes avec à leur côté le ministre dit de la bonne gouvernance. Un ministre incapable de suivre, du début à la fin, des réunions ou conseils des ministres pour des raisons de santé mentale. Son cerveau ne peut pas se concentrer pendant des heures. Sur sa demande, une autorisation spéciale de sortir en plein conseil des ministres ou de s’absenter lui sera accordée.

L’ironie du sort dans le cas du ministre Nkurunziza, le malade alité, est qu’il va courir des heures et des heures derrière un ballon de football au moment où ses chefs et collègues sont en réunion pour prendre des décisions les plus importantes. Deux ans plus tard, 2005, les commandes du pays seront dans les mains du même malade. Pourtant au cndd-fdd, il y avait des bahutu solides et lucides parmi lesquels on aurait choisi un pour diriger à la place de Nkurunziza. Le silence du Président Ndayizeye et son équipe sur la découverte de la fragilité mentale de Nkurunziza produira des effets irréparables sur le peuple burundais.

Le porte-parole de l’époque du Président Ndayizeye révèlera dans son journal Mpore Burundi, 12ans  plus tard: « Nkurunziza, alors Ministre d’Etat chargé de la Bonne Gouvernance et de l’Inspection Générale de l’Etat a demandé une dérogation, au Président Ndayizeye Domitien,de ne pas assister à tout le conseil des ministres. Il a déclaré qu’il ne peut pas se concentrer pendant plus de 4 heures. A cette époque là, le conseil des ministres pouvait aller de 9 heures du matin à 18 heures du soir. …; ». Mpore Burundi du 02 mai 2015 intitulé: Quelle est la santé mentale du Président Nkurunziza ? Pourquoi Cimpaye n’a-t-il pas eu le courage de dénoncer le crime à temps pour sauver ce qui pouvait l’être? «Un enfant bien éduqué ne parle pas la bouche pleine »; a dit un sage.

Les hauts cadres du Frodebu et de l’*uprona* en poste à l’époque ont tous préféré le silence afin de ne pas réveiller les curieux. Si le Frodebu et l’*uprona* n’avaient pas caché et soutenu l’incapacité mentale de Nkurunziza dans le but de garder leurs postes, les conséquences de la mauvaise gestion du pays auraient été moins catastrophiques. L’amour de la patrie a cédé face l’argent. Nkurunziza est mentalement fragile mais pas fou. Il est conscient et responsable de ses actes. Il ne décide rien au hasard ou par tâtonnement. Si justice il y aura un jour, son incapacité de se concentrer pour assister ou tenir de longues réunions ne justifiera pas les crimes de génocide et économiques qu’il commet depuis des années.

Oppresseurs du peuple et profiteurs du chaos sous la casquette de sauveteurs

Bon nombre de personnes n’embrassent pas la politique par amour patriotique mais pour leurs propres intérêts. C’est à cause de cette soif jamais étanchée que le navire-Burundi ne cesse de sombrer car le capitaine et membres de l’équipage, bahutu et batutsi, n’ont l’œil que sur leurs propres valises. Tant pis pour les millions de passagers dépourvus de tout . Le retour de Buyoya en 1996 avait donné une lueur d’espoir aux barundi qui voyaient en lui un sauveteur. Notamment quelques batutsi qui le prenaient pour un «protecteur de la minorité ». Ils ont vite déchanté.

Ses premières déclarations de combattre les génocidaires, le cndd-fdd, n’étaient que du bout des lèvres et de courte durée. Avant le pouvoir hutu, le mal burundais, disaient les bahutu, était le pouvoir tutsi qui s’était octroyé le monopole de tout et sur tout pendant près de 4 décennies. Depuis 2003, les bahutu détiennent les commandes de toutes les institutions: politique, économie, armée, police, justice, etc. Et pourtant le peuple hutu ne vit pas mieux qu’au paravent. Nkurunziza qui était considéré comme leur « libérateur » n’a pas tardé à leur montrer de quel sauveteur il est : le massacre de plus de 40 bahutu du FNL jetés dans la Ruvubu, entre juin et août 2006, aurait ouvert les yeux au reste mais la conscience de certains semble être toujours en vacances.

Le même pouvoir hutu mènera une attaque au bar Chez les amis à Gatumba le 18 septembre 2011 et au moins 36 bahutu y perdront leurs vies. Le plan dit safisha allonge la liste.  Certains cours d’eau comme la Rusizi et le lac Tanganika seront transformés en cimetières des FNL et quelques autres victimes d’un pouvoir hutu. La liste est loin d’être exhaustive. Voilà le libérateur que les bahutu attendaient depuis près de 40 ans.

Le muhanza-roi défie la fameuse communauté internationale. Aussi longtemps qu’il fournit des troupes pour sécuriser les navires des grandes puissances contre les pirates somaliens dans l’océan Indien, il ne sera jamais inquiété.

 Les dirigeants de tous bords (bahutu et batutsi) ont tous déçu. Il est temps d’en finir avec le pouvoir de ces gens qui n’ont rien d’autre à présenter au peuple que la forme ou taille de leurs nez, leur clan ou région/localité d’origine pour arriver à leurs fins. Il est temps d’en finir avec ceux qui se disent politiciens chevronnés : « abazobereye mu vya politike », qui pensent que rien n’est possible sans eux. Ils ont déjà montré ce dont ils sont capables.

Le pays sera sauvé par ses fils et filles aux mains propres et dont le seul combat est pour un Etat de droit au Burundi.

 Par NDUWAYEZU Eric

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