Les caisses de l’Etat vides, tendon d’Achille du pouvoir

Ministere des finances Burundi(Burundi news, le 16/03/2016) La situation catastrophique du Burundi au niveau sécurité entraîne d’autres complications au niveau financier. Le pouvoir de Bujumbura tue son peuple mais la communauté internationale tarde à agir. Des sanctions sont prises et les fonds commencent à manquer.

L’argent est le nerf de la guerre. S’il manque l’argent, le pouvoir manquera des moyens même pour la répression.

Le dilemme du pouvoir de Nkurunziza

Le pouvoir tient à ce que le commerce évolue et que les taxes augmentent afin de renflouer les caisses. Or, tout va dans le sens inverse. Les commerçants ont besoin d’importer les produits à vendre et l’Etat a besoin des taxes douanières. Il manque des devises. Seuls les importateurs d’engrais chimiques, de médicaments et du carburant peuvent avoir des devises à la BRB. Les autres importateurs doivent se débrouiller sur le marché noir. Ainsi les prix augmentent car les devises coûtent cher et tout est reporté sur le consommateur final qui a de plus en plus des problèmes à payer son repas.

Plus les devises manquent, plus les hommes d’affaires sont tentés d’investir dans d’autres pays. C’est le phénomène de rareté de l’investissement et aussi de production. Sans production, c’est l’emploi qui est touché; d’où la pauvreté des consommateurs. Ainsi il est normal que le Burundi monopolise la dernière place au niveau de la croissance économique mondiale.

Les aides se font rares. L’Union européenne vient de confirmer la suspension de sa contribution. Un gros trou dans le budget du Burundi. Beaucoup de dépenses de l’Etat devront être supprimées faute d’argent dans les caisses. Il y aura un mécontentement surtout dans le camp de Nkurunziza car l’assiette de la corruption maigrisse avec la baisse du budget. La machine à tuer a besoin de l’argent. Si l’argent manque, cette machine devient infernale pour le pouvoir car elle devient incontrôlable.

Le grand dilemme de Nkurunziza est de savoir s’il fait marche arrière pour arrêter les tueries et négocier pour que les aides reprennent. Un pouvoir ne peut tenir sans argent. Les donateurs se font de plus en plus rares. Les investisseurs aussi car ils craignent une augmentation de l’insécurité.

Et si l’AMISOM s’éloignait des militaires burundais!

La dernière manne financière du pouvoir reste l’argent de l’AMISOM et de la MINUSCA. Des contacts sont en cours pour savoir si l’Union africaine pourrait remplacer les militaires burundais ou à défaut payer directement les militaires sur leurs comptes. Cela reviendrait à assécher les caisses de l’Etat. Si les militaires se rendent compte qu’ils ne pourront pas aller en Somalie, ils ne renverseront pas le pouvoir mais ils ne mettront plus de zèle pour empêcher le régime de tomber. Pour l’opposition, le retrait du Burundi de l’AMISOM est une arme non négligeable.

Beaucoup de militaires burundais soutiennent le pouvoir afin d’éviter des changements qui pourraient les empêcher d’aller en Somalie. Il faudra qu’ils aient les inconvénients de leur position à savoir ne plus aller en Somalie et ne plus avoir les salaires faute de budget pour comprendre que ce pouvoir n’a pas d’avenir.

Priver le pouvoir des recettes intérieures

Il y a eu des manifestations. Il y a des attaques. Tout réagit par rapport à ce troisième mandat. Beaucoup de Burundais contemplent la tragédie burundaise à travers la transparence de leurs bouteilles de bière. Toute bière bue est un soutien à Nkurunziza. Il est grand temps que les Burundais arrêtent de cotiser pour Nkurunziza. Il faudra que les Burundais que l’effort pour un changement passe par des sacrifices. Les Indiens ont infligé des sanctions en boycottant leurs produits anglais  pendant la colonisation. Les Burundais devraient diminuer par deux la consommation en bière. Soit boire une bière au lieu de deux; soit boire une bière les deux jours. Le refus de téléphoner pendant une journée  par semaine et aussi le refus de conduire des voitures une journée sur deux. Ce sont ces efforts qui peuvent précipiter la chute du pouvoir. Il y a des familles qui sont endeuillées par ce pouvoir. Le chagrin, la douleur valent plus que ces bières. Ce qu’ils endurent est de loin supérieur à ce que les buveurs endureraient en refusant de boire pendant une semaine. Si au moins la moitié des buveurs burundais arrêtaient de boire pendant un mois, le cours des évènements burundais pourraient changer. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire. Si on veut la chute du pouvoir de Nkurunziza on ne lui lance pas une bouée pour le sauver.

Le recours des aides internationales, une grande question pour Nkurunziza

La situation est compliquée pour Nkurunziza. Le budget de l’Etat avait intégré les aides de l’Union européenne. Ces aides viennent d’être suspendues. Il va falloir trouver d’autres sources de financements. Quelques Présidents des pays producteurs étaient généreux pour Nkurunziza. Or, aujourd’hui ces pays connaissent de plein fouet la chute du cours du baril. Le Congo de Brazza est obligé de serrer la ceinture et le pétrole off shore est difficile à extraire et coûte cher. Les pays du golfe sont dans le rouge. L’Arabie saoudite vient de voter un budget de l’austérité.

En dehors des pays producteurs de pétrole, la Chine ne peut pas financer un tel régime instable. Elle se méfie du pouvoir de Nkurunziza. La Russie de Poutine n’a jamais été intéressée par le Burundi d’autant plus que même les armes russes sont achetées d’occasion en Bulgarie ou en Hongrie.

Les militaires burundais et les policiers sont dans le gaspillage des munitions. Les munitions coûtent cher. Il sera difficile de les acheter pour mener la guerre contre les mouvements de rébellion. Il faudra aussi ravitailler les troupes sur le terrain. Et si par malheur de Nkurunziza les militaires burundais rentraient définitivement de l’AMISOM, le pouvoir de Nkurunziza manquerait un hébergement de plus de 8 000 militaires, y compris sa logistique. Il s’agira d’un goulot d’étranglement dans une situation difficile. Il ne restera que l’embargo de la sous -région pour que le fruit mûr tombe.

Gratien Rukindikiza

3 réflexions sur “Les caisses de l’Etat vides, tendon d’Achille du pouvoir

  1. Merci Monsieur Rukundikiza, iyi article yawe ituma umuntu yinovora!!!

    That whole bunch of Imbonerakure-Interahamwe, if they can’t get paid, ils commenceront à vendre les armes et munitions à leur portée au marché noir car c’est tout ce qu’ils auront de valeur!!! To make the story short, même la rebellion n’aura pas de difficulté de ravitaillement car tout ce qu’il faut pour combattre Nkurunziza se trouve sur terrain, au Burundi même! Il n’y aura donc pas besoin de chercher armes et munitions ailleurs. Par ceci, je signale d’ores et déjà que la rebellion N’AURA PAS BESOIN de s’approvisionner ailleurs!!! Personne NE DEVRAIT donc PAS pointé du doigt aucun pays voisin!!!

    Par ailleurs, ces ARMES ET MUNITIONS ne proviendront pas des maisons ou des boisés de Musaga, Mutakura, Jabe, Cibitoke ou Ngagara comme on en fait toujours des boucs émissaires! Les armes dont la rebellion a besoin proviendront DES CAMPS MILITAIRES ET DES CAMPS DE POLICE au BURUNDI MÊME!!! En quelques mots, tous ces bateaux d’armes qui ont été interceptés sur le Tanganyika sont des provisions pour combattre le même régime qui les a acheté! QUELLE MAUVAISE PROPHÉCIE ET QUELLE IRONIE DU SORT POUR LE REGIME NKURUNZIZA et son TROISIÈME MANDAT!!! WARARUKARIHIJE NONE TEGA UMUTWE RUKUMWE!!!

  2. C’est vrai il faut qu’il y ait un combat interne actif qui n’expose pas aux dangers, effectivement boycotter les boissons brarundi, boycotter le carburant, boycotter le telephone. Il faut que la diaspora combattante organise ça et donne des directives parce que dans le pays maintenant on ne peut pas etre leader. Qu’il y ait plusieurs fronts de combat.

  3. Analyse excellente. Le maintien des militaries burundais a l’etranger a tarde par respect de la Nation burundaise d’antan et des protocoles flous caracteriques de la communaute internationale.

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