CNARED : Un avenir hypothétique ?

Sinared(http://www.bujumbura.be , le 17 aout 2015) L’Opposition officielle existe bel et bien au Burundi mais beaucoup reste encore à faire d’autant plus que l’autorité administrative a barricadé l’espace politique à l’Opposition en lui interdisant notamment d’organiser des réunions et meetings politiques et de bénéficier de certaines facilités qui lui sont prescrites par la loi notamment la couverture médiatique par les organes de presse gouvernementaux lors de ses activités politiques.

C’est pour notamment sortir de cette dérive totalitaire que l’Opposition et d’autres forces vives de la nation se sont rencontrées à Addis-Abeba du 29 au 31 juillet 2015

Mais cette rencontre dont les pseudos conclusions et décisions avaient déjà été annoncées sur France 24 laissaient présager une déception nationale sans envergure. Malgré les embûches de tous genres, tendues par les ex-ténors du Pouvoir NKURUNZIZA dans le but de s’approprier la direction du Conseil, la conscience de la plupart d’hommes politiques présents à ce forum a permis de réveiller l’orgueil politique et la vigilance des opposants au 3ème mandat pour, au bout du compte, élire un Président qui répond au profil exigé et non aux ambitions de certains politiciens.

Tout individu a des qualités et des défauts. Pour le cas de l’Hon. NYANGOMA, on peut affirmer sans risque de se tromper que c’est un véritable électron libre mais qui reconnaît néanmoins avoir des faiblesses qui font que par le passé, il s’est laissé souvent cloîtrer par ses proches collaborateurs et commettre ainsi des erreurs politiques monumentales. Raison pour laquelle la plupart de ses coéquipiers de taille l’auraient abandonné. Profitant de ce phénomène éminemment humain, les frondeurs ont tout mis en œuvre pour le claustrer et le contraindre ainsi à exécuter aveuglément les ordres qui viendraient d’eux.

Voilà les pressions que rencontre aujourd’hui l’Hon. NYANGOMA. N’est-ce pas que l’on est en droit de se poser la question de savoir si réellement le CNARED augure d’un avenir favorable ? Disons d’ores et déjà que la première réunion que le CNARED a tenu à Bruxelles a été un fiasco. Attendons voir la suite.

Addis-Abeba/Bruxelles : les tentatives de manipulation des frondeurs

Tout commence par un mot liminaire présenté par l’ex-Président de l’Assemblée Nationale, Hon. Pie NTAVYOHANYUMA sur fond de contradictions et incohérences parce qu’apparemment le consensus autour d’un candidat n’a pas pu être dégagé lors des différentes rencontres informelles organisées discrètement par les frondeurs à Bruxelles et Addis-Abeba.

D’autres réunions secrètes notamment celles consacrées à la mise en place des stratégies devant conduire à l’élection de deux frondeurs comme Président et Porte-Parole avaient eu lieu la veille de la réunion d’Addis-Abeba et se sont poursuivies notamment à Bruxelles. D’où le lobbying sur le partage des postes.

De même,  des tractations et des balbutiements sur la Présidence de la Transition par un frondeur ont commencé à se manifester depuis l’arrivée des frondeurs  dans la capitale belge et se poursuivent discrètement jusqu’à ce jour. En effet, ceux qui estiment que la candidature de l’Hon. Pie NTAVYOHANYUMA serait la bienvenue après la prestation de serment de Pierre NKURUNZIZA (26/08/2015) font une mauvaise appréciation et une interprétation erronée de la Constitution et surtout de l’opinion nationale et internationale. Sans toutefois vouloir remuer la poubelle, il y a lieu de souligner qu’aucun burundais ne peut affirmer avoir déjà entendu un frondeur, excepté l’Hon. Moïse BUCUMI, dénoncer publiquement les arrangements conclus entre les IMBONERAKURE et les INTERAHAMWE à propos de la coopération entre les deux organisations ainsi que leur adhésion dans la Police Nationale du Burundi d’une part et entre le Pouvoir NKURUNZIZA et le Chef des Maï-Maï, M. William Amuri YAKUTUMBA, d’autre part.

Et pourtant, toute l’équipe de frondeurs était au courant de ce dossier de militarisation à outrance de la milice IMBONERAKURE-INTERAHAMWE-MAÏ-MAÏ sachant pertinemment que cette action pourrait embraser facilement toute la sous-région!!!

Un fait surprenant s’est produit en pleine séance de travail à Addis-Abeba : le Représentant d’une ASBL (CHARISMA), M. Audifax NDABITOREYE n’a pas hésité à communiquer un message du Général Major Godefroid NIYOMBARE par lequel ce dernier confirme son attachement à l’idée de création de ce Conseil. Personne n’a réagi à cet impair qu’on qualifie parfois de doux yeux, parce que, selon la plupart de politiciens présents à cette réunion, la mise en place de ce Conseil n’a aucun lien avec le Mouvement putschiste du 13 Mai 2015.

Tous les participants, excepté les frondeurs bien entendu, ont condamné vigoureusement ce comportement du Général NIYOMBARE. Ils ont toutefois reconnu que le Pasteur NDABITOREYE a rendu un service extraordinaire au Mouvement Halte au 3ème mandat en ce qui concerne  l’organisation et l’encadrement de la jeunesse. Ils ont tenu à le remercier du rôle qu’il a joué au sein du Conseil malgré que son Organisation (CHARISMA) soit une ASBL à caractère religieux et non un Parti politique. C’est pourquoi il a été recommandé que l’ASBL CHARISMA soit considéré comme membre de la Société Civile et non comme une organisation politique. Par conséquent, le Conseil doit être vigilant et respecter la laïcité prônée par la Constitution de la République du Burundi ; les pratiques religieuses au sein de la vie politique ne doivent plus se reproduire comme à l’époque de NKURUNZIZA.

Un autre fait qui suscite de l’inquiétude concerne le comportement indigne des anciens Chefs d’État qui manifestent publiquement leur penchant envers l’un ou l’autre parti politique. En toute logique, ceux-ci ne devraient pas faire partie d’un quelconque organe délibératif du Conseil mais plutôt appartenir à un cadre consultatif. Les participants auraient demandé au Conseil de corriger cette erreur qui risque de compromettre le bon fonctionnement du CNARED.

Une autre anomalie qui a été constatée concerne la violation délibérée des instruments juridiques internationaux régissant les associations de la société civile qui précisent bel et bien que « les acteurs de la société civile sont toujours impliqués dans la politique sans pour autant viser des fonctions étatiques : ils sont tenus de garder une position indépendante ». Les participants ont tenu à exprimer leurs remerciements aux Associations de la Société Civile car, n’eut-été leur contribution, les manifestations anti-3ème mandat auraient eu moins d’effet à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Cependant, les participants auraient déploré le fait que certains dirigeants de la société civile au Burundi oublient sciemment leurs fonctions et leur rôle ; ils s’acharnent sur le partage des postes au même titre que les acteurs politiques. Ils auraient même exigé un partage équitable avec les Partis politiques oubliant que le Président du FOCODE avait juré solennellement devant le peuple burundais que « les dirigeants des associations de la Société Civile dont lui-même n’ont pas d’ambition politique. Et si lui-même éprouvait l’envie d’exercer une activité politique, il ne pourrait pas s’y engager avant 2020 ». Le Conseil doit être prudent et ferme dans sa noble mission de faire respecter les lois et règlements qui régissent notre pays parce que ce cafouillage risque de compromettre les bons rapports qui doivent exister entre l’État, les Partis politiques et la  Société civile.

Le tour de passe-passe des frondeurs

Depuis plusieurs semaines, l’espace politique burundais à l’étranger est miné par les faiseurs d’opinion du Groupe des frondeurs qui passent le gros de leur temps à désorienter certains membres du CNARED en leur disant de bouche à oreille que les bailleurs de fonds recommandent que certaines Commissions notamment celles des Affaires Étrangères et de la Défense soient confiées respectivement aux Honorables Gervais RUFYIKRI et Jérémie NGENDAKUMANA parce qu’ils auraient une grande audience et seraient hautement appréciés auprès des bailleurs de fonds et des milieux politico-diplomatiques et parlementaires européens. Le poste de Porte-parole reviendrait à un autre frondeur, l’Hon. Onésime NDUWIMANA. Les véritables frondeurs sont connus de tout un chacun. Quant aux personnages sus-indiqués, tout le monde est d’avis qu’il s’agit bel et bien d’opportunistes qui ont finalement lâché Pierre NKURUNZIZA parce qu’il n’a plus la force de résister face au changement qui se profile à l’horizon.

L’orgueil politique et la vigilance des opposants

Inutile de verser dans le verbiage. Quelques questions suffisent amplement pour déterminer la responsabilité des uns et des autres dans tous les maux dont Pierre NKURUNZIZA est accusé par ceux-là même qui défendaient bec et ongles son système politique. Seraient-ils des co-auteurs ou des complices du tyran burundais ? Seule la justice nous le dira.

  1. Pourquoi les frondeurs devraient-ils se faufiler dans les rangs du CNARED pour imposer une équipe dirigeante ? Pourquoi les candidats aux postes de présidents des différentes Commissions devraient-ils revenir principalement aux frondeurs ?
  2. Quel est le niveau de représentativité des frondeurs au sein de l’Opposition ou de l’opinion nationale?
  3. Comment pourrait-on oublier si vite que les frondeurs ont tout partagé avec M. NKURUNZIZA jusqu’à la veille des élections ?
  4. Comment pourrait-on oublier que le Burundi est actuellement dans une situation économique dramatique à cause du pillage de deniers publics, de la corruption, de la pénurie injustifiée des produits pétroliers, du dossier avion présidentiel, etc.
  5. Pourquoi oublier si vite les dossiers de malversations économiques et financières alors que le 1er responsable du secteur économique et financier (le 2ème Vice-Président) n’a rien fait pour traduire les présumés coupables devant la justice !
  6. Comment pourrait-on oublier si vite que les dossiers des détenus politiques, des emprisonnements arbitraires, des exécutions extra-judiciaires, des assassinats des religieux et autres, du FALCON 50, des cadavres qui flottent indéfiniment sur les Lacs RWERU et TANGANYIKA, la rivière MALAGARASI, n’ont jamais été examinés par une quelconque Commission parlementaire ?
  7. Comment pourrait-on oublier si vite la position des frondeurs qui n’ont pas hésité à confirmer officiellement que le Burundi avait acquis un avion présidentiel alors qu’en réalité il s’agissait d’une carcasse qui n’avait pas coûté autant d’argent (8,5 millions$) et qui n’était même pas autorisée à voler.
  8. Quelle est la force politique ou militaire dont disposent les frondeurs pour prétendre à des postes privilégiés de ce Conseil ?
  9. Comment pourrait-on oublier aujourd’hui que les fraudes massives constatées au cours des élections de 2010 avaient eu l’aval de l’Hon. Jérémie NGENDAKUMANA, alors Président du CNDD-FDD ?
  10. Comment pourrait-on oublier aujourd’hui l’immense contribution de l’Hon. Onésime NDUWIMANA dans le limogeage de certains hauts cadres du CNDD-FDD et de leur radiation abusive de l’Assemblée Nationale ?

Autant de questions qui bouleversent les esprits de la classe politique et qui vont amener tôt ou tard le peuple burundais à réagir contre ces tractations des frondeurs qui ne font qu’endormir les burundais.  Ces questions vont certainement permettre aux burundais de comprendre que le pays n’a pas besoin des frondeurs mais plutôt des hommes politiques qui ont une longue expérience dans le domaine politique et qui n’ont pas trempé dans la politique perverse et tyrannique de NKURUNZIZA. Ces frondeurs devraient savoir que toutes ces tractations et toute forme de politique de marginalisation et d’exclusion ne mèneront nulle part si ce n’est que replonger le Burundi dans l’abîme.

Ils devraient plutôt savoir que toutes ces machinations et montages pervers n’inquiètent ou ne découragent outre mesure les nombreux opposants. En effet, toutes les erreurs (certaines sont provoquées sciemment) commises au cours leurs réunions secrètes doivent leur servir de leçon car elles confirment la nécessité et l’urgence pour l’Opposition burundaise de se ressaisir rapidement afin d’enterrer leurs divergences ainsi que les contradictions et les incohérences qui caractérisent leurs comportements politiques. Ils doivent mettre en avant l’intérêt supérieur de la nation notamment la dynamique économique engagée et consolider leur cohésion afin de marcher ensemble vers le chemin de la victoire contre ce Pouvoir absolu et oppressif du tyran NKURUNZIZA.

HENGEKA Richard

Une réflexion sur “CNARED : Un avenir hypothétique ?

  1. Merci de cet article.
    J’ espère qu’ en lisant cet article les  » frondeurs » comprennent maintenant que le problème burundais n’ est pas NKURUNZIZA ou le 3 eme mandat. C’ est un plan minutieusement préparé dont le résumé est publié sur ce même site depuis Janvier 2015.
    l’ autodetermination des Tutsi.

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