La communication officielle de l’armée: LE NON DIT

Porte parole de la FDNLe lundi 5 janvier 2015, le porte parole de l’armée, le colonel Gaspard Baratuza a animé une conférence de presse à Cibitoke. L’objet de la communication était de donner la lumière sur les combats meurtriers qui venaient  de durer cinq jours entre les forces de l’ordre burundaises et une rébellion venu de la République Démocratique du Congo. Mais au terme de la conférence de presse tous les hommes des média sont partis avec plus de questions que de réponses. Pas de lumière. Un flou, un langage de bois qui trahissait un malaise et un mensonge.

Mais quelle est la vérité qu’on a caché au peuple burundais et au monde entier? Qu’est ce qui s’est passé? Mpore Burundi a dépêché un reporter au près des militaires qui rentraient de cette campagne. voici les faits occultés:

1. Le bilan.

Les premiers combats ont été meurtriers surtout dans le camp de l’armée. Les rebelles qui étaient plus de deux cents étaient lourdement armés et de durs combattants. L’armée a perdu plus de cinquante militaires et a enregistré beaucoup de blessés et non quelques blessés. C’est cette force de frappe qui a poussé Bujumbura à déployer  quatre bataillons pour combattre ces assaillants. Autant dire que l’armée était autour de 2800 hommes contre plus ou moins deux cents rebelles. Dans les rangs des rebelles, notre interlocuteur confirme le bilan du Colonel Baratuza « effectivement nous avons abattu plus de 90 assaillants ,récupéré plusieurs armes dont un mortier 60mm et un téléphone satellite. Il faut le reconnaître, ils avaient un équipement impressionnant ».

2. L’identité des rebelles.

Au moment du déploiement de ces bataillons,  » on nous disait qu’on allait combattre des rwandais qui avaient envahi notre pays » confiera notre source. « Mais arrivés sur le champ de bataille nous avons été surpris de réaliser que l’ennemi en face, c’étaient des anciens compagnons d’armes qui avaient déserté ou avaient été démobilisés » ajoute notre interlocuteur. Cependant la source confirme qu’ils n’ont jamais décliné l’identité de leur mouvement ni leur hiérarchie.  A ce sujet notre source ajoute qu’on a essayé de suggérer de donner la paternité de cette rébellion au leader du MSD, Monsieur Alexis Sinduhije sans succès. C’est ce refus de charger Sinduhije gratuitement qui explique le carnage qui suivait la capture des prisonniers.

3. Les exactions des Imbonerakure. 

Nos interlocuteurs reconnaissent les exactions de la milice Imbonerakure. Ils soulignent que ces exécutions étaient répugnantes et féroces, par endroit révoltantes mais ils précisent que quand les condamnations ont été nombreuses, les miliciens ont été sommés, non sans peine, de vider les lieux. Mais c’était vers la fin des combats. Nos interlocuteurs déclarent qu’au regard de la férocité dont ces miliciens ont fait preuve, il est apparu clairement qu’ils sont comme des chiens enragés, incontrôlables et insoumis. Ils affichaient une arrogance qui laisse penser à une complicité d’en haut.

4. Le cas Nduwimana Edouard.

Le brave ministre de l’intérieur, lors d’une séance qui peaufinait la communication à faire autour de ces affrontements de Cibitoke, il  a déclaré sans ambages que comme le parti MSD devient de plus en plus très fort, donc une menace pour le  CNDD-FDD,il fallait lui coller la paternité des attaques et en conséquence le rayer de la liste des partis politiques. Mais on lui a répété qu’il n’y  avait pas eu  aucune déclaration du genre du côté des rebelles prisonniers.

5. Les conséquences d’une menace contre le MSD. 

Edouard Nduwimana qui rêve de supprimer le MSD par le biais de ces attaques de Cibitoke  devrait comprendre  que ce piège  peut être fatale pour le pouvoir qu’il défend. En effet, comme il le reconnaît, un parti très fort comme le MSD, si vous le supprimez en lui collant une  fausse étiquette de mouvement rebelle, que pensez-vous que ses nombreux militants feraient? Ils vont se comporter comme tel. Dès lors ils ne seraient soumis à aucune loi, ils auraient le dos contre le mur et n’auraient d’autre choix que de se battre. Le ministre Nduwimana devrait oublier ce scénario qui condamnerait, in fine, le CNDD-FDD à la disparition! A moins que, comme tout militant de la 25 ème heure du CNDD_FDD qui se respecte, Nduwimana n’ait opté pour la destruction de ce parti de…Hutu comme il le nommait hier. C’est aussi ça le rôle de ce genre de militants qui adhèrent aux différents partis par intérêt et non par conviction idéologique. Quand le bateau  commence à couler, ils l’enfoncent et sautent dans le suivant.

Ntwari Gisèle

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