Cinq clefs pour comprendre le « départ » de Guillaume Bunyoni et Adolphe Nshimirimana

Nshimirimana & Bunyoni

De gauche à droite, le Lieutenant-général Adophe Nshimirimana et le Commissaire de Police Chef Alain-Guillaume Bunyoni ©Iwacu

( 08-12-2014 , http://www.iwacu-burundi.org) Le parti Cndd-fdd n’aime pas étaler ses problèmes en public. Pour les derniers changements, la règle a été respectée. Peu d’informations filtrent. En interrogeant et en recoupant plusieurs sources, Iwacu a reconstitué les raisons et les conséquences du départ des deux hommes forts.

1. Pourquoi

Selon nos différentes sources, il y avait un malaise profond au sein du parti au pouvoir mais, surtout, chez les anciens éléments de la rébellion aujourd’hui dans les corps de défense et de sécurité. Cette base reprochait aux deux dinosaures, d’ailleurs plus envers M. Bunyoni que Nshimirimana « la corruption, un enrichissement très visible et très rapide, le trafic d’influence, etc. ». M. Bunyoni était par ailleurs critiqué pour être « très distant, voire arrogant », ont dit plusieurs de nos interlocuteurs. Le malaise durait un certain temps déjà.

2. Qui sont les porte-parole des frondeurs ?

Plusieurs noms d’officiers circulent. Les plus influents, d’après nos sources, étaient le ministre de la Sécurité publique Gabriel Nizigama. M. Godefroid Niyombare, parmi les premiers à avoir dénoncé le malaise avait déjà été « éloigné » comme Ambassadeur à Nairobi, tout comme Moïse Pasteur Nzeyimana, Ambassadeur du Burundi à Kinshasa. Parmi les mécontents citons aussi le porte-parole du président, Léonidas Hatungimana, le général Silas Ntigurirwa, envoyé en Somalie, etc.

3. Comment a réagi le président ?

Fidèle à sa tactique feutrée, il a informé les deux hommes forts. Il n’y a donc pas eu de surprise, contrairement à ce qui se dit. Le président leur a dit que « le malaise est profond et qu’ils doivent eux-mêmes trouver la solution », nous ont confirmé plusieurs sources bien informées. Les généraux Bunyoni et Nshimirimana se sont concertés à deux. « Ils ont
décidé eux-mêmes de « gukinjura » ( s’effacer) dans l’intérêt du système », confirment encore nos sources. Le président Nkurunziza n’est donc pas à couteaux tirés avec les deux hommes. Ils gardent son estime et restent influents.

4. Ce limogeage a-t-il un lien avec les prochaines élections ?

Oui, avant les élections le président a voulu mettre fin au malaise qui gangrenait le parti et consolider le système. « Il fallait ressouder les gens », dit une source proche du pouvoir.

5. Ces changements ont-ils un lien avec un autre mandat du président ?

Apparemment, la question du candidat n’est pas à l’ordre du jour. Ce qui intéresse le pouvoir aujourd’hui est de se consolider. Plusieurs sources ont évoqué « la faiblesse » du président actuel du Cndd-fdd, M. Pascal Nyabenda. Interrogé pour savoir si au Cndd-fdd, il existe- une autre alternative au président Nkurunziza pour les élections, la réponse est que le « Cndd-fdd est un parti à surprise. » Bref, si un autre candidat est possible, le parti ne veut rien dévoiler pour le moment. « Nous travaillons dans la discrétion », ont répété nos sources.

Antoine Kaburahe et Edouard Madirisha

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