L’aide aux sinistrés des inondations n’est pas transparente

(le 23-02-2014, http://www.iwacu-burundi.org) La population de la commune urbaine de Buterere dénonce des tricheries dans la distribution des aides aux victimes des pluies diluviennes du 9 février. L’administration dément.

Colère sur le site de Buterere. Des sinistrés dénonçant l’opacité autour de la distribution de vivres ©Iwacu

Colère sur le site de Buterere. Des sinistrés dénonçant l’opacité autour de la distribution de vivres ©Iwacu

Commune urbaine de Buterere, un site aux sinistrés a été aménagé à côté d’une paroisse de l’Eglise catholique. Sur place, une vingtaine de familles vivent entassées dans des salles dépourvues de moustiquaires. Elles disent craindre pour leur santé, car la plupart des enfants ont déjà attrapé des diarrhées. En outre, elles indiquent que, depuis leur rassemblement, seuls les blessés de la catastrophe sont soignés dans différents centres de santé.

Selon ces familles, la distribution de l’aide se fait dans l’opacité et le favoritisme. « Une ONG nous a amenés des vêtements, mais les chefs des quartiers se sont servis les premiers », accuse R.F., un habitant du site. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase remonte à la semaine passée. « Nous avons constaté que de faux sinistrés figurent sur les listes des bénéficiaires et reçoivent des vivres qui nous étaient destinés. » Ce jour-là, se souvient R.F., la tension était telle que les bienfaiteurs venus avec des camions pleins des vivres ont du rebrousser chemin. Les sinistrés regroupés sur ce site demandent que toutes les aides soient distribuées par les responsables de la paroisse.

« Site de Kinama : tout dans la transparence »

Dans la commune urbaine de Kinama, les aides destinées aux sinistrés sont gérées par le comité de gestion de la Croix rouge sur place. Toute aide passe obligatoirement par ce comité pour être enregistrée. La distribution est, ensuite, effectuée par les membres du comité de distribution élus par les sinistrés eux-mêmes. Ici, la gestion se passe dans la transparence. Ce site a été aménagé sur le terrain de football situé à côté des bureaux communaux. Il compte 1 458 sinistrés issus de 313 ménages. Ces sinistrés sont répartis en 67 tentes érigées par la Croix rouge Burundi. Chaque tente abrite au moins six personnes, les hommes et les femmes vivant séparément. Le site est clôturé par des tôles. A l’intérieur, des douches et toilettes sont recouvertes à l’aide de tentes.

Distribution des vivres sur le site Kinama1 par la délégation de l’African Hop Services ©Iwacu

Distribution des vivres sur le site Kinama1 par la délégation de l’African Hop Services ©Iwacu

Des bienfaiteurs ne cessent de leur apporter de l’aide, comme African Hop Services (A.H.S) qui leur a donné des vivres et des savons, dimanche 16 février. Chaque tente a reçu 2 kilo de riz, de haricot et 12 pièces de savon. G.S., un des habitants du site, confie que les conditions de vie sont bonnes. Selon lui, le site est doté d’eau potable en quantité suffisante.

Un nouveau site pour mettre fin aux spéculations

Iwacu a contacté Joseph Ndayisaba, directeur général au ministère de la Solidarité, sans succès. Interrogé, Melchior Simbaruhije, porte-parole à la 2ème vice-présidence, reconnaît que de faux sinistrés se sont glissés sur les listes des bénéficiaires, lors de l’enregistrement. « Ces tricheries sont dues, soit à l’absence de vigilance, soit à la complicité des administratifs à la base. » Toutefois, M. Simbaruhije indique que l’erreur est en train d’être corrigée.

Pauline Ruratotoye, administratrice de la commune urbaine de Buterere, balaie du revers de la main toutes ces accusations. Elle assure être accompagnée par les responsables de la paroisse, lors de la distribution de vivres ou d’habits auprès des sinistrés. Elle accuse ceux qui parlent de tricherie d’avoir d’autres visées.

Cependant, Pauline Ruratotoye reconnaît que les listes ont été dressées dans la précipitation et qu’elles comportent des erreurs. C’est pourquoi, affirme-t-elle, l’administration a décidé de confectionner d’autres listes afin de cibler les vrais bénéficiaires. « Le Don Bosco nous a prêté un espace clôturé où 2600 places seront aménagées pour les sinistrés. » Et d’espérer qu’il n’y aura plus de malentendu, une fois tous les sinistrés installés sur le nouveau site.

Christian Bigirimana

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