Conférence de presse de 4 ministres : signe de crise ou stratégie de communication ?

(le 19-02-2014, http://www.iwacu-burundi.org) Les ministres de la Sécurité publique, de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense nationale ont conjointement organisé une conférence de presse ce lundi 17 janvier dernier pour faire le point sur la sécurité. En insistant sur le dossier Uprona.

Les ministres de la Sécurité publique, de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense nationale ont conjointement organisé une conférence de presse ©Iwacu

Les ministres de la Sécurité publique, de l’Intérieur, de la Justice et de la Défense nationale ont conjointement organisé une conférence de presse ©Iwacu

Dans la conférence conjointe de quatre ministres, celui de l’Intérieur Edouard a reconnu que l’actualité est dominée, ces derniers jours, par le conflit interne à l’Uprona. Selon lui, il ne date pas d’hier, et il en a fait un bref aperçu historique. Un conflit qui a été exacerbé par les derniers arrêts de la Cour suprême. « Nous voudrions demander au peuple burundais de rester serein en attendant que ce conflit interne trouve une solution qui devra nécessairement passer par un dialogue entre les différentes parties. » M. Nduwimana a insisté sur le respect de la loi qui régit les manifestations publiques, comme le feront l’administration et les corps de sécurité publique. « Ils ne vont jamais tolérer quiconque voudrait proférer des menaces, organiser des manifestations illégales, sous prétexte qu’il y a un problème légale au sein du parti Uprona. »

Après la brève présentation du ministre de l’Intérieur, il s’en est suivi une série de questions portant essentiellement sur la responsabilité d’Edouard Nduwimana dans la scission des partis politiques et la violence policière lors des manifestations. Ainsi que les rumeurs qui courent sur le ministre de la Défense et sur un climat malsain au sein des corps de défense.
Répondant en premier aux questions, le ministre de l’Intérieur a indiqué qu’il n’a aucune responsabilité dans ce qui se passe au sein du parti Uprona, ni de près ni de loin. « Je n’ai pas de stock de partis politiques pour donner aux gens. Si c’était le cas, j’ai des amis auxquels je les donnerai. »

Malgré les rumeurs, tout va bien !

Mais les upronistes essaient toujours de trouver des solutions à leurs problèmes, pourvu qu’ils respectent la loi. « Aucun pays au monde ne peut accepter qu’il y ait une négociation sur la légalité. La légalité n’est pas une entente entre un individu et un autre pour vivre en dehors de la loi, mais est d’ordre public. »

Quant aux upronistes qui ont été chassés de l’Uprona, ce qui remettrait en question la direction de ce parti, M. Nduwimana trouve c’est une démarche assez courante dans ce parti. « Si vous vous en souvenez, même Nditije avait été chassé par Mukasi à un certain moment…Chaque fois qu’il a des problèmes, des gens sont chassés. » Mais, pour lui, s’il y a un comité central du parti Uprona, il ne peut se réunir ni prendre de décisions sans en référer à la présidente de ce parti Concilie Nibigira.

Muhozi a dénoncé un langage de bois dans les réponses, "alors que la situation est grave" ©Iwacu

Muhozi a dénoncé un langage de bois dans les réponses, « alors que la situation est grave » ©Iwacu

A son tour, le ministre de la Défense a rassuré qu’il n’y a jamais eu de tension parmi les corps de défense qui sont bien organisés, disciplinés et au service de la nation. Pour le Général Major Pontien Gaciyubwenge, qui a démarré son intervention par des propos bibliques, ce ne sont là qu’élucubrations de gens repus au cabaret. Il a indiqué qu’il n’a jamais été question, pour lui, de démissionner : « Je peux être remplacé si mon travail n’est pas apprécié, mais, jusqu’ici, il est très estimé et je répondrai toujours à l’appel de mon pays. » Le ministre de la Défense a également réaffirmé sa neutralité politique et celle des corps de défense en rappelant que celui qui a vécu directement la guerre passée ne souhaite pour rien au monde la revivre.

Des réponses pas très convaincantes, selon les journalistes présents

A son tour, le ministre de la Sécurité publique a salué le bon travail de la police, comme en témoigne la sécurité sur tout le territoire du pays. D’après lui, les problèmes de l’Uprona ou de toute autre organisation n’affectent pas ce corps qui fonctionne selon la loi seulement. En reconnaissant que des bavures sont possibles au sein de la police, le ministre de la Sécurité a néanmoins souligné que ce corps est au service de la population et mérite le respect. « Je pense que Niyoyankana (sic) ou Nyabenda ne peuvent pas appeler la police et lui donner des ordres. » Quant à ses interventions durant les manifestations publiques, elle respecte toute une procédure.
Pour Pascal Barandagiye, ministre de la Justice, un innocent n’a rien à craindre de la justice, mais personne n’est au-dessus de la loi.

Ces réponses n’ont pas semblé convaincre certains journalistes. Le directeur de la radio Bonesha FM a rappelé les bavures policières à Businde qui ont fait des morts ou la violence aveugle contre les journalistes, lors des manifestations en soutien à Hassan Ruvakuki. Innocent Muhozi a dénoncé un langage de bois dans les réponses, alors que la situation est grave, la présence des quatre ministres étant le signe d’une crise. Ce à quoi le ministre de l’Intérieur a répliqué que c’est plutôt dans l’optique de mieux communiquer.

Edouard Madirisha

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