Un intrus s’invite dans la chambre à coucher d’un ancien patron des services secrets burundais

(le 17-01-2014, http://www.iwacu-burundi.org) Audifax Ndabirorere, ancien patron des services secrets sous le président Ntibantunganya, a vu son domicile investi par trois inconnus, ce lundi 13 janvier au quartier Gihosha de Bujumbura.

Audifax Ndabirorere ©Iwacu

Audifax Ndabirorere ©Iwacu

« 18h 40. Mon épouse est en train d’allaiter notre bébé de trois semaines dans la chambre conjugale quand trois personnes s’introduisent dans ma maison. La première se dirige droit dans ma chambre à coucher. Épouvantée, mon épouse sursaute, bouche bée », raconte calmement Audifax Ndabirorere. Après un soupir, il poursuit sa relation. Il révèle que l’intrus a alors demandé où se trouvait son mari. Sur ce, l’épouse a répondu qu’Audifax était sorti. L’intrus a insisté pour savoir dans quelle chambre serait l’homme recherché.

Un clair avertissement

« Qu’il soit présent ou pas, il devra nous expliquer d’où viennent les armes qu’il distribue dans le pays et quelle en est leur finalité », a lâché cet inconnu avant de se retirer de la chambre. L’épouse d’Audifax l’a suivi. Pendant ce temps, le deuxième inconnu était entré par la petite porte qui mène vers la cuisine. Au salon, le troisième tournait les pouces, confortablement assis dans un divan. Quand ce dernier a vu la dame, il s’est écrié : « Est-ce là sa femme ? » Un d’eux a répondu : « Nous ne sommes pas venus ici pour une histoire de femmes. Partons ! »

M. Ndabirorere raconte que sa femme a alors alerté les voisins par téléphone pour qu’ils l’aident à identifier les messieurs. L’un était habillé en jogging et les deux autres portaient des vestons, ce qui a laissé croire à la femme qu’ils étaient armés. Rentré d’urgence, Audifax trouve sa femme toute abattue. Il entre aussitôt en contact avec l’ambassade de Hollande à Bujumbura parce qu’il a aussi la nationalité néerlandaise.

Le mobile de l’intrusion reste inconnu

Deux pistes. Il indique qu’il ne fait plus de politique, depuis 1997, mais il représente l’ONG Buddi (Burundi Diaspora pour le Développement et l’Investissement). Il amène des entreprises étrangères à s’installer au Burundi. « Les activités de développement que je fais dans certains coins du pays ne plairaient pas à certaines gens qui y verraient un chemin tracé pour entrer de plain-pied dans la politique », suppose-t-il.

La deuxième hypothèse, proche de la première, est que ces derniers temps il encourage les communautés de Bubanza à créer leurs propres entreprises. Bien plus, outre qu’il organise des croisades de prières, il encadre 568 agro-éleveurs à Mpanda, Ciya et Kivyuka, des localités de la province Bubanza. «  Est-ce le fait que je sois proche de la population qui gênerait ?», dit-il, tout occupé à ses conjectures.

Philippe Ngendakumana

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