Obama serait un tutsi (nilo-hamitique) !

Obama, un blanc déguisé en noir

(6 janvier 2014, http://www.marianne.net) Comprendre le phénomène Obama nécessite de se pencher sur ses origines, et donc de prendre le temps d’un détour par l’Afrique de l’Est, ses noblesses et son histoire.
Il y a quelque chose de fascinant à voir un homme politique relativement jeune  et noir comme Barack Obama briguer avec quelque chance de succès l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle américaine.
Autant que son audace, frappe l’aisance de ce candidat improbable dans un pays où aucun homme de couleur – à l’exception du général Colin Powell qui, sollicité par le parti républicain, déclara forfait – n’avait pu jusqu’ici envisager sérieusement d’entrer dans la course présidentielle. Une aisance qui le fait même qualifier de « nouveau Kennedy ».
Le contraire d’un afro-américain
La vérité est qu’Obama n’est pas un vrai noir ! Il ne l’est que pour ceux qui pensent que la couleur de la peau a de l’importance. Sur le plan culturel, le seul qui importe, Obama est le contraire d’un noir américain. Non par sa mère blanche qui descendrait du président sudiste Jefferson Davis – mais aussi, plus classiquement, de paysans irlandais chassés par la famine de 1846 : aux Etats-Unis, une goutte de sang noir suffit à vous faire « black ». C’est de son père, Barack Obama Sr, homme politique kenyan de l’ethnie Luo, que le sénateur du Michigan a reçu une empreinte vraiment originale.
Les Luos appartiennent à cette grande famille de peuples pasteurs d’Afrique de l’Est dits « nilo-hamitiques ». Si l’expression que de Gaulle appliqua une fois aux Juifs, « peuple sûr de lui et dominateur », a un sens, c’est bien dans cette région du monde. Les Nilo-hamitiques sont le contraire d’esclaves ou de descendants d’esclaves. Ces peuples fiers et guerriers (Parmi lesquels les célèbres masaïs) dominèrent longtemps les Bantous, cultivateurs et sédentaires. Ils résistèrent avec succès aux entreprises des marchands d’esclaves arabes de la côte swahili, quand ils ne collaborèrent pas avec eux. Eux ou leur cousins sont au pouvoir au Rwanda, au Burundi, en Ouganda, en Ethiopie et au Soudan ( quoique les Nilo-Hamitiques soudains se prétendent Arabes). De grands hommes politiques de la région comme Julius Nyerere , fondateur du socialisme ujamaa ou Yoweri Museveni, actuel président de l’Ouganda, en sont. De même l’ancien archevêque de Dar-es-Salaam Lawrence Rugambwa, fait premier cardinal africain par une Eglise romaine qui s’y connait en chefs. Kabila, président du Congo est, dit-on, à moitié tutsi.
En héritage, la noblesse d’Afrique de l’Est
Se rattachent en effet aux peuple nilo-hamitiques les Tutsis du Rwanda et du Burundi : minorité « noble » pesant entre 5 et 10 % de la population, qui domina longtemps dans ces deux royaumes la majorité Hutu ( lesquels sont des bantous). Renversée au Rwanda en 1960, la minorité tutsi, aidée par l’ougandais Museveni, est revenue au pouvoir sous l’égide de Paul Kagame en 1994. L’armée des « ci-devants », exilés depuis plus de trente ans est rentrée au pays en massacrant à tour de bras. Les tenants du pouvoir majoritaire hutu, pris de panique, commencèrent alors à massacrer tous les Tutsis de l’intérieur et leurs amis réels ou supposés: ce fut le grand génocide de 1994. Le pouvoir est aujourd’hui exercé dans ce pays d’une main de fer par une petite minorité de Tutsis de l’étranger – très peu nombreux du fait du massacre des Tutsis de l’intérieur : peut-être 1 % de la population.
La diaspora tutsi en Europe ( particulièrement forte en Belgique) et dans le monde est depuis lors un relais efficace de la propagande de Paul Kagame : personne ne conteste le chiffre devenu « canonique » de 900 000 victimes, pourtant issu d’une source unilatérale ; personne ne parle des massacres de Hutus par les Tutsis qui , quoique moins concentrés dans le temps, ont fait sur la longue période encore plus de victimes. Tous ceux qui contestent la version officielle propagée par le gouvernement de Kigali sont menacés, où qu’ils se trouvent, de lynchage médiatique ou internautique, ou de procès téléguidés dissuasifs : la France fut ainsi fort injustement mise au banc des accusés dans l’opération Turquoise pour complicité avec les génocidaires, jusqu’à ce que Bernard Kouchner aille à Canossa en se rendant à Kigali (au cours d’une visite dont l’incongruité fait débat. Le courageux journaliste Pierre Péan, qui a osé contester la version des vainqueurs tutsi et par là défendre l’honneur de l’armée française dans un livre remarquable (1), est depuis lors l’objet d’ une persécution sans merci. Agents conscients ou inconscients de l’internationale tutsi, la plupart des journalistes français se sont déchaînés contre son livre. SOS-Racisme a traîné son auteur devant les tribunaux pour racisme et complicité de génocide.
Accepté par l’establishment, il laisse froid les afro-américains
Au Kenya, l’ethnie dominante est au contraire une ethnie bantoue, les Kikuyus, servis par leur majorité relative, leur centralité et surtout une empreinte anglaise plus forte. L’actuel président kikuyu Mwai Kibaki, usé , s’est vu contesté lors de la dernière présidentielle par une coalition menée par le Luo Rail Odinga, fils d’Oginga Odinga , homme politique kenyan de la première génération, proche du père d’Obama. Que Kibaki n’ait été réélu qu’au moyen de fraudes massives est aux origines des graves tensions actuelles de ce pays.
Même si le rôle des Tutsis du Rwanda est sujet à caution, être nilo-hamitique n’a certes rien d’infâmant, bien au contraire.
On comprend cependant, au vu de cet arrière-fond, à quel point le phénomène Obama est singulier, à quel point surtout la culture du candidat démocrate est étrangère à celle du Deep South. Un chef Luo n’a rien à voir avec l’Oncle Tom, pas plus que les chants guerriers masaï avec les mélopées des cueilleurs de coton du Mississippi !
C’est ce qui explique sans doute que sa candidature pose si peu de problèmes à l’establishment américain et que, bien qu’il s’agisse, au moins formellement, d’une candidature « noire », elle paraisse aller de soi.
C’est ce qui explique aussi peut-être la difficulté qu’éprouve la communauté noire américaine à se reconnaître dans ce candidat issu d’un univers si antithétique au sien. En définitive Obama ne s’en rapproche que par l’action sociale qu’il a eue dans les quartiers pauvres de Chicago et par sa femme qui est, elle, une authentique afro-américaine. Son élection éventuelle ne signifierait pas nécessairement une promotion de la communauté noire. Il faudrait plutôt l’analyser comme un phénomène sui generis.

Par Roland Hureaux

(1) Noires fureurs, blancs menteurs, paru aux éditions Mille et Une Nuits

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