Burundi : cherche homme intègre !

(11.12.2013, https://burundi24.wordpress.com/) Comment retracer la vérité dans les déclarations des uns et des autres? Comment  comprendre les contradictions entre les différentes versions qui relatent les mêmes faits survenus au même moment?  Comment se fait-il que certains dans le même contexte sont pessimistes et d’autres optimistes?

Les scientifiques disent que la Neuroscience  permet de comprendre le fonctionnement du cerveau. En effet,  les informations en provenance de notre milieu externe et interne parviennent à notre cerveau à travers des filtres et des prismes placés dans le nez, dans les yeux, dans les oreilles et dans les autres organes de sens. Elles convergent vers un relais qui est constitué par le thalamus avant d’être retransmises vers l’amygdale, vers le lobe frontal et vers de nombreux autres centres de cerveau où elles servent de « matières premières » pour le montage des perceptions, des idées, des opinions et autres constructions mentales.  La plupart de temps, les centres contenus dans notre cerveau puisent, dans leurs « mémoires », des données qui s’ajoutent à celles en provenance du milieu externe ou interne. Ainsi, l’amygdale et les autres parties du système limbique ajoutent une coloration émotionnelle plus ou moins intense à nos perceptions ; le cerveau rationnel – lequel fonctionne plutôt lentement – essaie tant bien que mal de contrebalancer nos émotions. Sous le coup de l’émotion (que l’amygdale induit de façon généralement  brutale), on peut prendre une corde pour un serpent surtout quand il fait un peu obscur. Sous une forte emprise de haine ou d’amour, de tristesse ou de joie, on peut interpréter les choses dans un sens ou dans l’autre.

De tout ce qui précède, on peut déduire que nos perceptions sont très rarement de fidèles reconstitutions de la réalité externe et que deux cerveaux ont très rarement une perception identique d’un même fait. Le cortex verra du jaune, cyan ou rouge selon qu’au rouge que lui aura projeté le thalamus, l’amygdale aura superposé du bleu, du vert ou du rouge. On peut comprendre ainsi pourquoi deux personnes tout-à-fait raisonnables et honnêtes peuvent avoir, sur le même fait, deux perceptions diamétralement opposées.

Les politiciens habiles jouent parfois avec ces facultés émotionnelles pour tenter d’arracher l’assentiment rationnel des citoyens  afin de les gagner à leurs causes. Cette compétition effrénée  pour le contrôle des masses en vue d’accéder au pouvoir et à l’avoir est donc parfois la source des versions contradictoires, lorsque des moments clefs approchent où chacun, a intérêt à être présent au rendez-vous sous peine de compromettre l’objet du désir. Au Burundi l’approche des échéances de 2015 fait monter la fièvre naturellement et comme dans la nature, la séduction nuptiale préalable à l’obtention de l’objet du désir a déjà commencé, chacun des protagonistes essaye de déployer tous ses beaux atouts permettant de camoufler sa faiblesse ou son handicap afin de prendre l’avantage sur les autres concurrents et attirer à soi un maximum de sympathies utiles pour gagner.

C’est ainsi que dans les lignes qui suivent je souhaite d’abord m’intéresser à ceux qui promettent le changement politique par rapport au gouvernement en place et comme pour ouvrir un débat, épingler quelques uns des faces cachées de certains de ces leaders comme un clin d’œil « mbwire gito canje gito c’uwundi yumvire ho » (traduction : conseil à mon enfant mais qui profite aussi à celui d’autrui). Prochainement je m’intéresserai au pouvoir en place.

Le cas Sinduhije

Parfois le secret de polichinelle est dur comme fer, qui se souvient encore de la période trouble au sein de la Communauté Musulmane du Burundi (COMIBU), dont le centre était dirigé par Monsieur Hassan Rukara, quant à Monsieur Mohamed Rukara il était représentant pour la ligue islamique mondiale ? En effet, pendant les années 90 Monsieur Yahya Sinduhije Alexis était enseignant au collège de la COMIBU à Buyenzi. Il avait acquis le nom de Yahya après sa conversion à l’Islam le jour de son baptême.

Suite aux problèmes internes que connaissait la COMIBU, Monsieur Juma Shabani qui était alors Vice-Recteur de l’Université du Burundi, organise une réunion à ce propos au campus Kiriri et à l’issue de la réunion Monsieur Hassan Rukara devait être chassé de ses fonctions. La déclaration pour rendre publique cette décision aux radios sera lue par Monsieur Yahya Sinduhije Alexis homme de confiance de la communauté musulmane et directeur du quotidien d’alors « Le Citoyen ». Ceci est vérifiable dans les bonnes archives. Les faits sont là, c’est cette clef qui lui avait permis de faire la jonction avec les Shebabs et le M23 en RDC dont les rapports 2011 – 2012 des Nations Unies s’en étaient fait l’écho. Tout à fait aussi normal que la RPA soutenait le Salafiste Ruvakuki plus par solidarité religieuse que par conviction pour les droits de l’homme et la liberté de la presse. Fin stratège chrétien le jour et musulman la nuit.

Le cas Léonce Ngendakumana

Pendant la période dure des villes mortes 1994 – 1997 où les politiciens importants du FRODEBU étaient laminés par les Sans-Echecs et les Sans-Défaites, des milices créées par les putschistes pour parachever le travail, s’occupaient de la sale besogne notamment en pourchassant, en terrorisant et en tuant systématiquement ceux qu’ils appelaient « amaboro » principalement les Hutu à qui on habillait des pneus, puis on boutait le feu jusqu’à ce que mort s’en suive .  Monsieur Léonce Ngendakumana quant à lui était assis tranquillement sur le siège du Président de l’Assemblée Nationale sans être inquiété par ces milices, jusqu’à aujourd’hui personne n’avait jamais fait le lien avec son appartenance ethnique.

Dans le contexte burundais actuel la vérité est à géométrie variable selon l’intérêt de celui qui parle et/ou du destinataire du message. En guise d’exemple, même ceux qui exigent la vérité et la transparence de la part des adversaires, n’hésitent pas à entretenir un flou artistique dès qu’ils sont concernés par la chose publique. Si non comment expliquer par exemple le cas de Monsieur Ngendakumana Léonce leader de l’ADC – Ikibiri ayant comme ambition de mettre à genou le pouvoir en place issu des élections démocratiques de 2010 à qui il attribue la paternité de la situation de déliquescence de l’Etat. Ce n’est qu’à travers son ambition politique que nous pouvons comprendre son camouflage. En effet, comme nous l’apprenons de Monsieur Hicuburundi (site burundibwacu 2007), Monsieur Léonce Ngendakumana, a toujours menti sur sa propre identité, et donc aussi sur ses véritables intentions politiques. Très nombreux en effet sont les barundi, toutes ethnies confondues, qui affirment être sûrs et certains que cet homme qui s’est toujours dit « muhutu » natif d’Isale dans Bujumbura Rural, est en réalité un mututsi dont le véritable géniteur était encore en vie quelque part en province Bururi. Monsieur Léonce Ngendakumana aurait été vu à Bururi lors de l’enterrement de son Papa. Et le problème dans tout cela, c’est que Monsieur Léonce Ngendakumana aurait faussé très dangereusement toutes les équations politiques de notre pays, surtout après les Accords d’Arusha qui prévoient explicitement un partage des postes de responsabilité en tenant compte précisément des origines ethniques des candidats. » Pourtant, il est un des signataires de cet accord et il ne peut pas ne pas connaître la pertinence de cet élément. Redoutable opposant, Hutu le jour et Tutsi la nuit.

Le cas Bamvuginyumvira

La récente affaire de mœurs bien que je la trouve légère, a conduit à l’arrestation et à l’emprisonnement de  Monsieur Bamvuginyumvira. Que sait-on exactement de cette affaire au-delà du fait politique ? Qu’a-t-on dit ou non de part et d’autre ? Quel contexte ? Le débat est ouvert. J’ai poussé ma curiosité un peu plus loin et j’ai constaté que des éléments importants pouvant apporter une clarté dans cette affaire ont été par omission ou sciemment mis de côté. Je tiens également à souligner la limite de mon opinion qui n’est pas absolue d’autres peuvent infirmer ou confirmer mes dires.

Dans le cadre de la lutte contre le trafic des êtres humains, le Maire de la ville de Bujumbura, il y a quelques semaines avait décidé de fermer des lieux de débauche notamment certaines maisons clauses qui avaient pignon sur rue, activité illicite mais très lucrative. A Kajaga, un lieu de débauche bien connu et appartenant à Monsieur Kiganahe Didace avait fait l’objet de cette fermeture. Les policiers avaient reçu l’ordre de patrouiller en vue de vérifier le respect de cette mesure. C’est dans ce cadre que Monsieur Banyumvivugira a été surpris, pas parce qu’uniquement il était avec cette brave Dame mais parce qu’ils se trouvaient dans un lieu de débauche de surcroît  frappé par un arrêté de fermeture. Connaissant l’ampleur des dégâts, il a essayé de soudoyer les policiers et ce fut la 2ème infraction. Je n’ose pas mettre en pâture tous les éléments d’ordre privé que j’ai pu obtenir. D’autres versions de cette affaire ont été livrées au public mais lors de cette arrestation sur les lieux des témoins oculaires étaient là. C’est vrai que cette affaire est gênante mais de grâce donnez nous la vérité rien que la vérité. Vertueux le jour et libertin la nuit.

En définitive dans l’imbroglio burundais même un chat n’y retrouverait pas ses petits, moins encore les étrangers qui s’y risquent à y émettre des hypothèses. D’accord, deux personnes tout-à-fait raisonnables et honnêtes peuvent avoir, sur le même fait, deux perceptions diamétralement opposées, toutefois les faits sont têtus et restent des faits avant toute interprétation. Monsieur Nyangoma courage. (Suite pouvoir en place).

Kabura Nicodème

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