La vérité sur l’arrestation de BAMVUGINYUMVIRA Frédéric

NININAHAZWE Pacifique a rendu visite à BAVUNGINYUMVIRA Frédéric et nous relate la vérité sur les faits

Frédéric Bamvuginyumvira(le 08.12.2013, https://burundi24.wordpress.com) En fin d’après-midi, j’ai rendu visite à Frédéric Bamvunginyumvira, ancien Premier Vice-Président de la République et actuel vice-président du FRODEBU, en détention au Brigade Spéciale des Recherches (BSR). Je suis sorti amer, déçu par la médiocrité et l’amateurisme de certains de nos services, indigné par le traitement que nous pouvons réserver à une personnalité de son rang…

J’ai passé une heure et demie à l’entrée du BSR avant de rencontrer Frédéric. Un ordre venant des « chefs » interdisait tout accès aux détenus Frédéric et Joséphine…mais qui sont ces chefs? Mystère. Dans un premier temps, j’ai appelé le Directeur Général de la Police Nationale qui ne savait pas pourquoi il était interdit d’avoir accès à Frédéric et me renvoya au Procureur en Mairie de Bujumbura. Ensuite j’ai appelé le Procureur qui n’en savait rien non plus et me renvoya au Commissaire Municipal de la Police. Ce dernier s’est quelque peu étonné avant de promettre de venir en personne s’enquérir de la situation. Pourtant, quand il est finalement arrivé, il n’a posé aucune question à personne, il m’a simplement, sans aucune formalité, conduit vers le lieu de détention de Frédéric…

J’ai trouvé Frédéric assis sur une chaise devant une salle miniscule, sans fermeture, ni fénêtre, qu’il partage avec quatre autres détenus qui se trouvaient être tous des policiers sanctionnés. A côté, je trouvais Joséphine Nzeyimana, une veuve de 49 ans, militante active du FRODEBU (elle était chargée des fonds de campagne du FRODEBU en 2010), très proche de la famille Bamvuginyumvira. Elle était, elle aussi, assise sur une chaise (peut-être un signe de respect) devant une petite salle similaire qu’elle partage avec six autres femmes. Ces deux cachots ressemblent plus à des poulaillers, sans fermeture; la face de devant n’est pas construite, elle est faite de grillages. Lorsque la pluie tombe, les prisonniers se mettent tous dans un coin pour ne pas se mouiller, mais je ne sais pas ce qu’ils font de leurs petits matelas posés à même le sol et apportés par leurs familles respectives. Le vent et les moustiques frappent les détenus toute la nuit sans aucun moyen de protection. Les toilettes sont un peu éloignées, en mauvais état. Voilà les conditions dans lesquelles est détenu un ancien Vice-Président de la République!

Frédéric et Joséphine gardent leur moral, Frédéric sourit comme d’habitude. Je vous partage le récit qu’ils m’ont donné de leur mésaventure, je ne confirme ni n’infirme aucun fait.

Jeudi soir, 5 décembre 2013. Frédéric sort d’une audience chez le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies au Burundi Parfait Onyanga à 19h30. Il se rend ensuite au siège du MSD à Kinindo où il avait une rencontre ou réunion avec des jeunes. C’est lui en effet qui était chargé de la coordination de la marche de lundi. Il sort de l’endroit vers 21h30, et reçoit un appel de madame Joséphine qui l’informe de l’hospitalisation des membres de sa famille à la Clinique Prince Louis Rwagasore. Frédéric décide d’y passer et de la ramener à la maison dans son véhicule (lift). En cours de route, ils remarquent un véhicule qui les poursuit avant qu’un autre leur barre la route. La dame est rapidement tirée du véhicule et ramenée à l’un des deux véhicules. Elle crie au secours, craignant un enlèvement pour exécution extra-judiciaire. Ses derniers mots seront: « Président, prends soin de mes enfants! » entretemps, une autre personne s’installe tout à côté de Frédéric. Après un moment d’intenses discussions, Frédéric et Joséphine ont été amenés à la Mairie de Bujumbura. Il était 22h30.

A la Mairie, on fait asseoir Frédéric et Joséphine côte à côte sur un banc, d’autres prennent des photos (qui serviront de preuves?) Puis des séances d’interrogatoire sont organisées séparément, on leur apporte un procès-verbal à signer déclarant qu’ils ont été attrappés en flagrant délit d’adultère. chacun, de son côté, refuse de signer, en dépit de toutes sortes de ménaces. Joséphine affirme qu’elle a été longuement interrogée sur l’identité de son mari. Sa réponse: « mon mari m’a interdit de prononcer son nom et il exerce les mêmes fonctions que vous! » Rapidement ils informent par téléphone (qui?) que le mari de Josephine est un officier en Somalie (ce détail est très important puisque dans le droit burundais, l’infraction d’adultère n’existe pas entre adultes consentants quand il n’y a pas de plainte d’un époux de l’une des personnes incriminées). Or, Joséphine est une veuve depuis pas mal d’années! sans la plainte de Madame Bamvuginyumvira, l’infraction dont ils sont accusés n’est pas possible! Elle aussi a été rapidement informée au cours de la nuit que son mari avait été attrappé en pleine relation intime avec une femme d’un officier en Somalie…que ne sera sa surprise le lendemain en réalisant que la femme en question n’est autre que Joséphine!

Dans les effets saisis de Frédéric, il y avait une enveloppe contenant 200 mille francs, on a ajouté aux charges de Frédéric la tentative de corruption des policiers. Tous ces interrogatoires et autres tractations (dont je vous épargne le récit) dureront des heures. Vers 4h du matin, Frédéric et Joséphine arrivent au BSR.

Le lendemain, le Président du FRODEBU Léonce Ngendakumana se rend à la police pour s’informer de la situation de son vice-président. Il affirme qu’on lui a demandé de retirer le FRODEBU des partis qui marcheront lundi en contrepartie de la libération de Frédéric Bamvuginyumvira….Joséphine affirme à son tour qu’une des personnes qui l’ont interrogée lui a confié que l’ordre de leur arrestation est venu « d’en haut ». Entretemps, la radio Rema FM continue à diffuser depuis vendredi des détails intéressants sur le flagrant d’adultère…de F.B le candidat de l’ADC aux présidentielles de 2015….Voilà le récit que j’ai juste reçu au cours de cet entretien, je n’en sais rien de plus!

A la fin, j’ai plus de questions que de réponses. C’est quoi l’infraction d’adultère quand il n’y a pas de plainte d’un époux? Quelle est la relation entre l’adultère et la manifestation de lundi? Et quand bien même on admettrait l’existence de cette infraction, quelles sont les raisons de la détention provisoire de Frédéric et Christine? Etant entendu que les détenus préventifs sont innocents tant qu’ils ne sont pas encore jugés et condamnés, la détention provisoire est normalement justifiée pour:

– éviter la continuation de l’infraction
– éviter que les prévenus fuient la justice
– éviter la falsification des preuves
– protéger

Elle est systématique dans certaines infractions graves. Comment peut-on justifier la détention de Frédéric et Joséphine?

Juste deux recommandations à la fin de ce récit:
1. Je recommanderai à Frédéric et Joséphine de porter plainte contre l’Etat du Burundi pour détention abusive
2. Je recommanderai aux plus hautes autorités du Burundi de visiter rapidement le BSR, d’améliorer son état car un jour elles pourraient s’y retrouver. Le Premier Vice-Président Bernard devrait, à mon avis, passer rendre visite à son prédécesseur Frédéric….

Un immense regret: nos services ne sont même pas capables d’un bon montage!

Un seul appel: Libérez Frédéric et Joséphine!

Je n’ai pas pris les notes de ce récit. Il peut arriver qu’un détail me soit échappé …

Pacifique Nininahazwe

12 réflexions sur “La vérité sur l’arrestation de BAMVUGINYUMVIRA Frédéric

  1. Merci de nous mentir, personne au Burundi ne peut admettre ko asambana ! Ce serait un Président menteur qui ne sait jamais reconnaître les faits.

  2. Burundi: des Messieurs Propres et droits! Le débat continue.
    Il est vrai que la société civile burundaise pluraliste et diverse est une des plus dynamiques en Afrique et qu’elle a pu, à chaque fois, apporter son lot de contribution qui a permis le Burundi d’être en partie ce qu’il est aujourd’hui. Depuis lors, des individus essayent de capitaliser cette force et de s’en servir comme un tremplin pour atteindre d’autres ambitions plus personnelles que collectives. Comme ce proverbe chinois qui dit que plus un primate grimpe haut sur un arbre et mieux on voit son postérieur, c’est aussi de cette manière que nous pouvons percer les mystères cachés de certains tenants quand ils mettent sur la place publique des propos et des déclarations tellement contradictoires, affirmant ceci la veille et niant le tout la main sur le cœur le jour d’après. Evidemment, des exemples de ce genre de personnalités sont légions à travers le monde, ce n’est pas une spécialité burundaise. Toutefois, cette contradiction n’est pas anodine, gratuite ou fortuite non non non, c’est un subterfuge très sophistiqué qu’utilisent les plus malins qui se présentent comme ceux qui lavent plus blanc que blanc, mais quand l’occasion se présente, n’hésitent pas à ourdir dans l’ombre des coups les plus fourrés et les simples n’y voient que dalle. C’est un moyen efficace pour se mettre en évidence, en étalant son savoir faire ou savoir dire, analyses pseudo-scientifiques à la clé.
    Méfions-nous des apparences car elles sont souvent trompeuses. D’une allure sympathique qu’il tient de son lien direct de parenté avec cet ancien homme fort de l’Uprona (avec une ressemblance troublante) qui fut même premier ministre partageant la même ethnie avec le Président actuel de l’Uprona. Mr Nininahazwe Pacifique homme fort de la société civile et Politologue, très engagé dans la chose publique et politique au Burundi, tente de renforcer sa notoriété d’homme propre et généreux dans son élan à œuvrer pour une société burundaise au sein de laquelle l’équité et l’égalité des citoyens devant la Loi soient les maîtres mots.
    Dans la stratégie de l’ombre de l’ADC Ikibiri c’est Mr Pacifique Nininahazwe qui est en vue pour être candidat à la Présidence ou pour occuper un poste ministériel important si cette coalition venait à gagner les élections de 2015. Mais oui, l’espoir fait vivre. C’est ainsi que subrepticement Mr Nininahazwe montre de plus en plus de zèle à critiquer avec véhémence le pouvoir en place mais à pactiser dans l’aga doux de l’ADC ikibiri. En guise d’exemple, dès que Mr Bamvuginyumvira s’est retrouver derrière les barreaux, il s’est précipité pour aller lui prêter main forte en élaborant une version fausse des faits qui auraient conduit à son arrestation. Cette fausse version sur les circonstances de l’arrestation de Mr Bamvuginyumvira concoctée par Mr Nininahazwe qu’il avait baptisée comme étant « sa vérité » et qu’il invitait tout le monde à la boire sans modération ; les vidéos visionnées sur youtube ont démenti ce spéculateur en herbe et il n’a même pas eu la force de dire mea culpa, comme c’est de coutume ces jours-ci. Ce montage à lui grossier participe au même calcul savant dont l’épure est le gain en 2015 puisque l’ADC Ikibiri doit encore compléter et renforcer ses ressources humaines ce qui aiguise bien entendu tous les appétits de ceux qui vivent des flatteries qu’ils assènent à ceux qui les écoutent.
    Au moment où on parle d’amendement de la constitution Mr Nininahazwe a donné le La en s’élevant au dessus du Parlement et du Sénat, en indiquant la note qu’il faudra chanter sous peine d’être disqualifiés par lui puisqu’il est de la société civile et Politologue. Attention le grand politologue sera sans pitié si on ne respecte pas ses instructions. Mais, Mr le Politologue dans quel pays sur cette planète où l’adoption des amendements de la Loi Fondamentale est une affaire de la société civile et/ou des politologues ? dans quel pays au monde où la constitution n’a jamais fait l’objet d’amendements en fonction de l’évolution sociale du pays et de son environnement? Le Burundi serait devenu un pays- planète échappant à toute référence communément admise sur la planète terre ? Voulez-vous faire des parlementaires et des Sénateurs des Bénis- oui-oui ?
    Amilcar Ryumeko via le médium IWACU pose la question de savoir si on veut un Burundi où règne la liberté ou si on veut un Burundi où règne la tyrannie?, entre les lignes il affirme que la démocratie pleine c’est le remède à la tyrannie. Mais bon sang, pourquoi alors on veut vider toute prérogative au Parlement et au Sénat en matières d’adoption, de révision et d’amendement des lois ? Soyons logiques, si les élus sont entravés dans l’exercice du mandat que le peuple leur a confié et si nous ne les considérons pas comme des êtres doués de raison et donc raisonnables, ou allons-nous et de quelle démocratie parlons-nous ?
    Respectons la séparation des pouvoirs et faisons fonctionner avec respects nos institutions. Par contre, je ne comprends pas constitutionnellement parlant les invectives de la société civile qui se veut être le pouvoir moral ayant autorité à juger de façon péremptoire les institutions de la République. En réalité, aucune constitution au monde n’est parfaite. C’est pourquoi la loi fondamentale est sujette partout dans le monde aux révisions et aux amendements. Le malheur au Burundi est que ceux qui crient le plus fort croient qu’ils ont raison. Messieurs avouons-le la constitution actuelle ne garantit pas ce que les autres constitutions ailleurs garantissent à savoir l’égalité des citoyens devant la loi, les quotas nulle part au monde ont été un modèle de gouvernance démocratique car ils créent de facto l’inégalité des citoyens. Osons le dire. Messieurs je suis certain que c’est parce qu’une catégorie en tire profit au détriment d’autres citoyens que bon nombre mordicus s’y accroche. Si réellement on veut appliquer les principes démocratiques appliquons tout simplement le principe d’un homme une voix et respectons la liberté de choix du citoyen, tous étant égaux sans quotas. Aaaah, là vous n’êtes plus d’accord, vous préférez alors faire une entorse à la démocratie car une entente de partage du gâteau est mieux que l’égalité des citoyens devant la loi. L’intérêt immédiat est plus fort que la conviction et rase quand le besoin se fait sentir tous les principes de base en démocratie. Avouons-le.
    En conclusion, je suis d’avis que la gestion de la cité n’est pas une chose aisée, surtout quand on a plusieurs défis à relever en même temps, il est facile d’observer ou de critiquer lorsqu’on est en dehors du ring, il faudrait faire ceci, il faudrait agir comme ça, attention au loup si vous toucher à mon garde-manger, etc,… Compte tenu des dispositions instaurant l’inégalité des citoyens devant la loi, personnellement cette constitution ne me satisfait pas et j’ose espérer qu’à terme elle garantira l’égalité des citoyens et que quand ce moment viendra aucun citoyen ne pèsera plus qu’un autre. Les spéculations actuelles ainsi que les stratégies qui en découlent aujourd’hui laisseront la place à un vrai débat d’idées et de démocratie réelle.
    Bonne fête de Noël.

    Nicodème Kabura

  3. akabi ntikazosiba kuba ariko haragowe uwo kazovako.mana ubona vyose ,kakaba ari akarenganyo bagirira bamvuginyumvira uzobibahanire nuruvyaro rwabo gushika kuri 4ème génération.

  4. Nukuri ibikorerwa i Burundi biteye amakenga !!!
    umuntu aravye iyo biko bitera bija ntibisa neza ,ubwicanyi ,ububeshi,ugufungira abantu ukuri :jewe naheruka bafunga abantu bakoze icaha canke bishe none basigaye bafunga nabipfundikiye rdv yuguhwana !!!!
    Aho canke mwari mwarabuze aho muzofatira uwo mushingantahe yakoreye igihugu azwi n’amakungu yose kandi neza uravye aho yaciye hose .
    Emwe abatwara ubu vyababuriye pe !!!
    Murisubirako ntagusaba intwaro muciye mugutoteza abanyagihugu!!!!!!!!!!!

  5. just pour signifier que l’adultère est une infraction sur plainte en terme juridique. ce qui signifie que ni d’autre que les concernés càd le mari de Josephine ou la femme de Bamvuginyumvira ne pourrait chercher à ce que l’adultère ne soit classé infraction dans le chef de Bamvuginyumvira ou Joséphine….la conclusion est la suivante qui pourrait oser les culpabilisés pour cela ni t’était leurs époux??? l’adultère pour répondre à la question n’est rien d’autre qu’un mot comme tant d’autres sans plaintes des époux…..

    En plus la situation dans laquelle vit les prisonniers pourraît non seulement intéresser les médiats mais aussi les autorités sans que ces lieux de détention soient visités par une toute autre autorité!!!parce que ces lieux se doiventt être accueillant et saine si j’ose ainsi dire, non seulement pour les « hauts gradés » mais aussi pour la population qui aura la malchance de visiter ces lieux!!!!la population est indignée d’entendre que le seul argument qu’on trouve pour motiver à ce que ces lieux soient rendus saine soient je cite »Je recommanderai aux plus hautes autorités du Burundi de visiter rapidement le BSR, d’améliorer son état car un jour elles pourraient s’y retrouver ».

    Burundi stay blessed, your child are praying every day for your prosperity, we are proud to be burundian

  6. Merci de nous dire la verite.Vous avez raison arreter cette mascarade au plus vite pour le respect des inculpes et de toute la nation. Si on continue sur cette voie what will be tje Burundi of tomorow.No more respect this is ridiculous.
    What happens to one can later happen to otjers Lol

  7. Iyo Imfyisi ishaka kurya intama ntibura ivyo iyagiriza ngira Ntimwibagiye I vyashikiye Kadege na Domitien
    none gabashahu haricotuma iyo leta nabayitwara batagera umutwe n,uruyoya mwibuke ivyo Nkurunziza yavuze ngo ariko arashinga intahe

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