Les chantiers de Busokoza

(06-11-2013, http://www.iwacu-burundi.org) D’aucuns pensent que le nouveau 1er vice-président de la République a hérité d’un cadeau empoisonné, puisque le parti au pouvoir a déjà balayé la route pour les dossiers qui lui tiennent à cœur. Bernard Busokoza pourra-t-il changer la donne du « cours de l’histoire » ?

Le nouveau 1er vice-président de la République devra être plus courageux et convaincant que son prédécesseur ©Iwacu

Le nouveau 1er vice-président de la République devra être plus courageux et convaincant que son prédécesseur ©Iwacu

Sans être exhaustif, il n’y a pas de doute que, dans le domaine politique, il s’agit notamment du projet de loi portant modification de la Constitution déjà adopté par le conseil des ministres et qui serait déjà, ou sera bientôt, sur la table du Parlement. Idem pour le projet de loi portant révision du Code électoral et celui portant missions, organisation et fonctionnement de la CNTB. Sans oublier la loi sur la CVR.

Pour plusieurs observateurs, pour aboutir à un consensus sur des questions aussi sensibles, notamment la révision de la Constitution et du Code électoral, le nouveau premier vice-président, devra déployer des talents de négociateur hors du commun. En cherchant notamment l’appui de la communauté internationale, des partis politiques de tous bords et des acteurs sociaux. Et en faisant preuve de courage politique, ce que confirme un député uproniste : « Cela demande d’être plus courageux et convaincant que son prédécesseur, exceptionnellement en cette période de nervosité et de spéculation politique pour un meilleur positionnement. »
Si le Premier Vice-président parvient à fédérer les différents points de vue sur ces questions épineuses susmentionnées pour dégager un consensus, il gagnera la stature d’homme d’Etat et l’Uprona regagnera la confiance de l’opinion.

Le courage politique ou comment devenir un homme d’Etat

Le 1er vice-président Bernard Busokoza, censé travailler de connivence avec les organes dirigeants du parti, peut brandir la menace du retrait de l’Uprona des institutions si le parti au pouvoir veut imposer ses vues par son poids politique. Mais une question se pose : l’Uprona mettrait-il à exécution une telle menace paralysant du coup les institutions vu que, jusqu’à présent, les calculs politiciens de courte vue ont primé sur l’intérêt général du parti à moyen et long terme ?

Mais il n’aura pas la tâche facile, loin s’en faut ! Dans sa nouvelle fonction, il devra prendre en compte plusieurs intérêts, parfois antagonistes, comme ceux du Cndd-Fdd, de l’Uprona et des partenaires sociaux.
Ensuite, beaucoup estiment qu’il risque de rencontrer des obstacles de taille sur la question de la CVR. A commencer par son propre camp politique : tous les Upronistes ne partagent pas la même perception de la justice transitionnelle, surtout le volet poursuites judiciaires. Le nouveau 1er vice-président étant lui-même impliqué par une certaine opinion, d’une manière ou d’une autre.

Edouard Madirisha

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