Ce jour-là, le 1er novembre 1976, Micombero est déposé

Micombero-300x150( 02-11-2013, http://www.iwacu-burundi.org ) Il y a exactement 37 ans, un groupe d’officiers renverse la première République, sans résistance et sans effusion de sang. Selon un militaire en activité à l’époque, avant cette date, des officiers supérieurs dont le chef d’Etat-Major, Thomas Ndabemeye, étaient sur le point de destituer le président Michel Micombero.

Portrait du Colonel Jean Baptiste Bagaza, en médaillon ©Iwacu

Portrait du Colonel Jean Baptiste Bagaza, en médaillon ©Iwacu

D’après la source, le président a été informé du putsch en gestation dont les auteurs ne sont pas de sa province, Bururi. C’est ainsi qu’il aurait parlé à quelques officiers supérieurs de Bururi, notamment Jean Baptiste Bagaza, son chef d’Etat-Major adjoint. Ces derniers passent à la vitesse supérieure pour… devancer le premier groupe.
Lundi, 1er novembre 1976, vers 2 heures du matin, les militaires occupent les places stratégiques de la capitale dont la radio nationale, appelée alors la « Voix de la Révolution » , la BRB, l’aéroport…
Ce jour de la Toussaint, la « Voix de la Révolution » n’émet que de la musique classique coupée de temps en temps par un communiqué qui appelle au calme. Selon notre source, Micombero est conduit à Ngozi où il est placé en résidence surveillée avant d’obtenir un asile politique en Somalie.
Le Général-Major Thomas Ndabemeye est révoqué des Forces armées et conduit en prison à Bururi.
Le 2 novembre, le Colonel Jean Baptiste Bagaza, président du Conseil suprême révolutionnaire fait une déclaration sur les objectifs du Mouvement du 1er novembre 1976.

« Les forces armées n’avaient plus d’autre choix » 

« Ce lundi 1er novembre 1976, les Forces armées burundaises ont décidé de prendre en main les destinées du pays. » C’est en ces termes que commence le colonel Jean Baptiste Bagaza. A 30 ans, cet ancien étudiant de l’école royale militaire de Bruxelles énumère un certain nombre de raisons « bien connues du peuple murundi » qui les ont motivés à mener cette  « opération qui n’a nécessité aucune goutte de sang. » Entre autres : l’appropriation par une seule personne de tous les pouvoirs de l’Etat et du Parti, le blocage de toutes les institutions dû à la naissance d’une nouvelle monarchie à l’image de celle destituée le 28 novembre 1966, la violation de la Constitution à peine promulguée, le manque de lucidité devant les problèmes politiques réels… Devant une telle situation, poursuit-il, les Forces armées n’avaient plus d’autre choix, elles devaient prendre leurs responsabilités. Le jeune colonel restera au pouvoir dix ans.

Léandre Sikuyavuga

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