Wallonie-Bruxelles misent sur les femmes et l’éducation pour relever le Burundi

 

(lundi 21 octobre 2013 à 18h58, http://www.rtbf.be/info) Le ministre-président de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles Rudy Demotte a entamé lundi une visite de trois jours au Burundi, 2e bénéficiaire après la RD Congo de la coopération francophone. Celle-ci s’y focalise notamment sur le soutien aux femmes victimes de violences sexuelles, l’enseignement et la culture.

La Maison des femmes de Bujumbura accueille depuis 15 ans des jeunes mères violentées ou abandonnées, leur offrant un abris et une formation au micro-crédit qui permet à certaines d’entre elles de monter un petit commerce (vente de lait, de beignets) voire davantage (restaurant).

« Mon mari m’a laissée avec quatre enfants, j’avais perdu tout espoir, j’étais perdue, fatiguée…« , explique Elizabeth, qui témoigne aujourd’hui de son bien-être et de sa dignité retrouvée. « On a appris qu’il ne fallait pas seulement regarder nos maris pour nous développer, mais aussi créer des activités génératrices de revenus« , commente Francine.

Le projet Point du jour accueille des mineures violées devenues mères, pour leur permettre de reprendre une scolarité. L’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) contribue à aider des jeunes mères abandonnées à nourrir et soigner leur progéniture, mais aussi la faculté de Gembloux (micro-crédits pour des projets agricoles) ou encore le théâtre Varia (spectacles).

Dans la banlieue de la capitale burundaise, d’autres projets portés par la Maison des femmes soutiennent les personnes âgées ou les mères de nourrissons nécessiteux.

« La démocratie au Burundi progressera grâce à la cause des femmes, actives dans l’éducation, l’économie et la culture« , assure Rudy Demotte, qui a rencontré la ministre du Genre Cotilde Niragira et sa collègue de l’Enseignement Rose Gahiru.

Dans ce pays où 65% de la population a moins de 15 ans, 15% des élèves – souvent les meilleurs – se dirigent vers l’enseignement technique et professionnel, vu comme porteur d’avenir. Mais seulement 3% des places d’écoles dispensent ce type d’enseignement. La coopération belge (APEFE, niveau fédéral) soutient la mise à disposition d’infrastructures et de matériels, tandis que Wallonie-Bruxelles International (WBI), pour sa part, accentuera la formation des maîtres dans sa prochaine programmation 2015, selon M. Demotte.

Confrontées aux restrictions budgétaires, la Wallonie et la Fédération n’ont pas réduit leurs soutiens aux projets de coopération, préférant diminuer les dépenses de fonctionnement ou de représentation de ce département, selon le cabinet Demotte.

Les deux entités ont vu en 2012 quelque 300.000 euros de crédits consommés en aide directe au Burundi et ont projeté pour 2013 quelque 478.000 euros de crédits à octroyer, sachant que l’ensemble n’est jamais totalement consommé.

Le fédéral a lui dépensé 1,8 million d’euros pour le Burundi en 2012 (venant de 670 millions en 2011) et projeté 1,4 million de crédits indirects pour 2013.

Malgré la gratitude traduite dans les chants et les danses traditionnelles d’accueil, dans lesquelles M. Demotte et l’ambassadeur Marc Gedopt ont été entraînés, tous les porteurs de projets locaux ont témoigné de l’insuffisance des moyens au regard des immenses besoins du pays, et de la nécessaire poursuite de la coopération.

 Belga

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