Burundi Day : 10 ans de métissages

(http://www.lavenir.net, jeudi 12 septembre 2013) La plus belle réussite du Burundi Day de Molenbaix c’est sans doute d’avoir créé de la cohésion sociale. Là-bas mais aussi ici.

«Quand je viens à la fête de Molenbaix, je vois qu’il y a là des gens de tous âges et de tous horizons: des Wallons, des Flamands, des Africains… Des gens qui, sans cette fête, ne se seraient jamais rencontrés. Mais cette fête a aussi créé de la solidarité et de la cohésion sociale au Burundi, un pays où les relations entre ethnies sont sensibles…»

Quand il parle du Burundi Day, l’abbé Ferdinand Kajuju a du mal à cacher son émotion. «Je ne remercierai jamais assez le Groupe de Solidarité Molenbaisien, nous a-t-il dit ce mardi. Ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre des gens comme ça! Je suis aussi très touché par la façon dont les choses se passent au Burundi. Ce sont de petites gens qui, aidés par des universitaires, font fonctionner le projet: c’est eux qui le gèrent, qui font les rapports… C’est assez unique au Burundi. L’association Girakazoza réunit aujourd’hui 700 personnes, dont quelque 200 veuves. Lesquelles, dans un pays sans sécurité sociale, ont pu reprendre goût à la vie, grâce au groupe.»

Des chèvres, de l’eau,des pépinières, des potagers…

Le premier Burundi Day a eu lieu en 2004.

De nationalité burundaise, Ferdinand Kajuju était alors vicaire dans l’unité pastorale de Celles. Lors d’une messe célébrée dans le cadre du gymkhana de Molenbaix, il demanda que les bénéfices de la collecte aillent à l’achat de quelques chèvres au profit des 70 000 habitants d’un groupement de quatre communes situées dans le centre du pays.

Le Burundi sortait alors de treize années de guerre civile et de génocide. On imagine l’état des lieux…

L’appel de l’abbé Kajuju fut entendu. Non seulement on collecta ce jour-là de quoi acheter 140 chèvres mais aussi, à l’initiative de Daniel Claix, se créa une association – le GSM, comme Groupe de Solidarité Molenbaisien – dans le but de rendre la coopération durable dans le temps.

Après les chèvres, il y eut du matériel informatique, des livres, une adduction d’eau, des pépinières, des potagers…

«Ce sont les Burundais eux-mêmes qui déterminent les projets» se plaît à souligner Ferdinand Kajuju, 48 ans, qui s’apprête à terminer un master en théologie didactique à Louvain-la-Neuve, avant de partir enseigner là où son évêque lui dira d’aller.

« On a réussi quelque chose »

Tous les deux ans environ, l’abbé Kajuju rentre chez lui, dans la région de Gitega/Mbogora, pour se rendre compte de l’évolution des différents projets. «Tout n’est pas rose, bien sûr, mais l’effort est réel, constate-t-il. Dans un pays où la scolarisation est devenue obligatoire, les écoles sont de plus en plus nombreuses. Les enseignants ne gagnent pas beaucoup d’argent mais ce sont des gens corrects. Je vois aussi les fruits de la solidarité molenbaisienne. Cet été, j’ai par exemple pu constater que des femmes se relayaient pour arroser un énorme champ de choux. C’est qu’on a réussi quelque chose. L’action est d’ailleurs citée comme exemple de moteur de développement par les autorités politiques locales. Et c’est le gouverneur provincial qui a offert le terrain sur lequel on va installer la savonnerie financée par les prochains Burundi Days. J’y vois la reconnaissance de la qualité du travail qui a été réalisé.»

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :